Grâce-Hollogne 4460

La Malogne, 180 km de galeries souterraines et de surprises près de Mons

Carrière de phosphate, champignonnière, réserve naturelle…Le site de La Malogne à Cuesmes a eu plusieurs histoires, à découvrir exceptionnellement ces 12 et 13 septembre.

Cette année, les journées du Patrimoine en Wallonie sont dédiées au patrimoine naturel. Environ 200 activités sont proposées, tantôt pour découvrir le parc d’un château, une chapelle au cœur d’un bois, la campagne environnante d’une ville…

Mais le patrimoine naturel, il peut aussi être souterrain. Ainsi, 160 chanceux pourront découvrir un site généralement inaccessible et unique en Belgique : la carrière de la Malogne à Cuesmes, près de Mons et considérée comme patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Il s’agit du plus vaste réseau de galeries souterraines de Belgique, composé de 180 kilomètres de galeries souterraines s’étendant sur 67 ha. Et qui en réalité ne sont pas naturelles : elles ont été creusées entre 1876 et les années 1920 à coup d’explosions et pioches, afin d’extraire la craie phosphatée, utilisée pour fabriquer des engrais.

Si l’exploitation de phosphate s’arrête dans les années 1920, l’histoire de La Malogne se poursuit. Dans les années 1930, le site est transformé en champignonnière, le site réunissant les conditions favorables pour la culture de champignons, soit l’obscurité, une température constante et l’humidité.

Une décennie plus tard, la Malogne est plongée dans la seconde guerre mondiale et certaines de ses galeries sont utilisées comme cache et abris des bombardements.

De l’histoire industrielle à l’histoire naturelle

Si le site chargé d’histoire, il reste méconnu. Et pour cause : il est inaccessible au public depuis 30 ans, situé sur un domaine majoritairement privé et présentant des dangers d’effondrement en certains endroits.

Mais un noyau de passionnés veut faire changer les choses. Éric Leblois, Philippe Manceaux et son fils Nicolas ont formé l’an dernier l’ASBL Projet Malogne.

Celle-ci a trois vocations.

La première est scientifique : bénévolement, ses membres accompagnent toute institution officielle en faisant la demande dans les entrailles de la Malogne. Et les sujets d’étude sont vastes : archéologie, géologie, histoire…

Une promenade dans certaines de ses galeries permet de se rendre compte de la richesse de ce site, entre les stigmates d’explosion, les traces de fumée laissées par les lampes à huile des mineurs, ou encore les fossiles incrustés dans la roche, telle cette nageoire que l’on aperçoit à un plafond ou cette huître incrustée à une colonne.

La deuxième est protectrice : bien qu’étant interdit au public, le site fait parfois l’objet d’intrusions. " Nous devons faire de la pédagogie avec le monde urbex, en plein développement. Nous avons affaire à des Néerlandais, des Français, des Allemands… que nous devons les convaincre de respecter le site, classé. "

Depuis 1990, le site est classé au patrimoine de la Wallonie et considéré comme bien exceptionnel depuis 2013. Il est également suivi de près par les naturalistes, le site étant un refuge à chauve-souris durant l’hiver. " Natagora y recense plus de 1500 individus. "

Partager les richesses de la Malogne

Enfin troisième vocation : faire de la Malogne un site touristique. Ce qui est loin d’être évident vu la taille du site (68 ha) et l’état de certaines galeries, fragiles voire immergées…Une des premières actions menées par l’ASBL a été de procéder à une analyse géotechnique des lieux afin de définir un circuit de visite sécurisé.

Un circuit d’une heure, qui recèle de surprises à découvrir ces 12 et 13 septembre pour ceux qui ont eu la chance de réserver leur place. " Toutes les réservations sont parties en trois heures. "

Que les autres se consolent : les membres du Projet Malogne n’entendent pas en rester là et ambitionne d’ouvrir le site deux week-ends par mois, en dehors de la période d’hibernation des chauves-souris. Ils sont en discussion avec la Ville de Mons, qui possède de l’entrée de la Malogne, et les propriétaires privés pour y parvenir.

D’ici là, n’hésitez pas à aimer leur page Facebook pour suivre leurs aventures…

Hugo Petropoulos