Saint-Nicolas 4420

Saint-Nicolas : les magasins de jouets s'organisent

Alors que la Saint-Nicolas approche à grand pas, les portes des magasins de jouets restent closes jusqu’à nouvel ordre.

Alors que la Saint-Nicolas approche à grand pas, les portes des magasins de jouets restent closes jusqu’à nouvel ordre. Un coup dur pour ces commerces qui réalisent en novembre et décembre une part importante de leur chiffre d’affaires annuel.

Pas question d’attendre les prochaines annonces les bras croisés. C’est une course contre la montre qui est lancée depuis plusieurs semaines pour satisfaire parents et enfants, et ainsi sauver la période, que ce soit dans les petits commerces indépendants ou les grandes chaînes.

Plus de temps pour moins de revenu

A Andenne, Benoît Tirtiaux, gérant de Grandeur Nature, peut compter sur le soutien de nombreux habitués. Les commandes, mais aussi les demandes de conseils, se font par tous les moyens disponibles : mail, réseaux sociaux, téléphone… Les clients ont vite adopté de nouveaux réflexes.

Benoît Tirtiaux n’a plus une minute à lui depuis des semaines. Entre la réception des commandes et des marchandises, la préparation des colis, ou les conseils par téléphone, il poste régulièrement des vidéos sur les réseaux sociaux pour mettre en avant des jouets qu’il souhaite faire connaître. "Je m’en sers pour vendre, ce sont des articles que j’aime et que je partage. J’imagine cette crise il y a 25 ans, je ne sais vraiment pas comment j’aurais fait". Il faut se réinventer, et c’est toute une organisation qu’il faut revoir.

A Namur aussi, les gérants d’Histoire Naturelle enchaînent les heures. Les journées sont longues, et le travail, colossal. Le couple peut heureusement compter sur de nombreux habitués, restés fidèles. Ce qui fait la force de ces petits commerces, c’est le conseil. Alors si une demi-heure est nécessaire pour conseiller un jeu de société par téléphone, Frédéric Verolleman y consacrera une demi-heure. Pour satisfaire au mieux les clients, les options se sont multipliées : catalogues en ligne ou papier, mails, réseaux sociaux, et bien sûr téléphone. Les demandes arrivent à toute heure, les week-ends et les jours fériés ne veulent plus dire grand-chose pour le couple. Chaque vente prend énormément de temps, pour un revenu qui sera probablement nettement moindre.

C’est quasiment trois fois plus de boulot pour trois fois moins de rentrées

Virginie Samain, la gérante nous explique "C’est quasiment trois fois plus de boulot pour trois fois moins de rentrées". Cette année, ils ne pourront pas compter sur les achats "coup de cœur" en magasin, par exemple. Un petit jouet qui s’ajoute à la liste, une décoration, un gadget supplémentaire. Et il faudra faire sans les clients de passage, alors que la boutique est située en centre-ville.

"Habituellement, à cette période, le magasin est rempli de monde" regrette Frédéric Verolleman. Cette année, ce sont les boîtes en carton qui remplissent les allées. Et les seuls contacts physiques possibles sont brefs, derrière une table dans l’entrée du magasin, lorsque les clients viennent chercher leurs commandes pendant les heures d’ouverture. Un terminal Bancontact a été installé pour faciliter les paiements et gagner du temps. Et pour les personnes qui ne peuvent se déplacer, le couple assure également des livraisons à domicile… Habituellement, les mois de novembre et décembre représentent 50% du chiffre d’affaires annuel.

L'espoir d'une réouverture avant les fêtes

La situation concerne directement le secteur du jouet. Dans une lettre adressée aux ministres de la Santé et de l’Intérieur le 12 novembre dernier, la Fédération Belge du Jouet faisait part de son inquiétude.

"[…] Vous le savez bien, Saint-Nicolas est très vieux et ce n’est pas lui qui prépare tous les colis ! Ce sont tous ses assistants. Ils sont nombreux mais malheureusement comme l’arrêté ministériel du 1er novembre 2020 concernant les ‘biens essentiels’ n’inclut ni les jeux ni les jouets… Ils ne peuvent aider Saint-Nicolas, puisque pour l’instant, ils ne peuvent pas travailler ! Alors oui, nous ses assistants, nous nous démenons, nous faisons ce que nous pouvons, mais il nous sera impossible de livrer plus de 20% des colis à Saint-Nicolas."

Et Marc Dhooghe poursuit, pour la Fédération Belge du Jouet : "Nous comprenons le risque sanitaire et sommes prêts à tout mettre en œuvre, tout comme Saint-Nicolas d’ailleurs, pour préparer tous les cadeaux de la manière la plus sûre possible. Nous pouvons prendre des mesures encore plus strictes que celles prises par tous ceux qui travaillent pour l’instant !"

Le secteur espérait une réouverture rapide, mais pour l’instant, les magasins de jouets sont toujours fermés. Petits commerces ou grandes enseignes, tous travaillent d’arrache-pied, mais portes fermées. Et les rayons jouets des grandes surfaces restent inaccessibles.

Céline Liegeois

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