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Un mois après les inondations, le marché de Chênée reprend vie

Un mois après les inondations, le marché de Chênée est de retour. Un retour apprécié, dans ce quartier liégeois où la plupart des commerces ont été totalement détruits. C'est toutefois un retour déplacé : la Place du Gravier, qui accueille habituellement le marché hebdomadaire, est certes dégagée mais les trottoirs et les berges qui longent la rivière ont été détruits, ravagés par les eaux. Ils restent dangereux. 

Le parking du magasin Troc accueille le marché hebdomadaire

Le marché a donc été déplacé sur le parking du magasin Troc, un lieu inhabituel car ceinturé de grilles, le long du boulevard qui traverse Chênée. Les employés de la ville de Liège, qui organisent les marchés, espèrent que la sauce prendra, que les habitants viendront dans ce marché déplacé, moins visible. Ils ont dû, en peu de temps, réorganiser des emplacements, prévenir tous les commerçants. Ce mardi, à quelques minutes de l'ouverture, les électriciens tiraient encore des cables pour assurer les meilleurs conditions possibles. 

Des commerçants qui ont tous répondu présents

La bonne nouvelle, c'est que tous les commerçants habituels, une trentaine, ont répondu présents. Pour eux, ce retour est une très bonne chose. Et pas seulement pour les affaires. Ce qui est important, nous explique ce commerçants en textile de la Maison Delhez, lui aussi sinistré, c'est que les gens retrouvent des repères. Nous voulons absolument être présents les jours des marchés , aux endroits où les gens ont le plus besoin de nous.  

Et c'est sur que la conversation, les échanges auront aujourd'hui autant d'importance que les achats : les gens ont besoin de s'exprimer, poursuit le commerçant. Et on prend le temps avec les clients, le plus d'important c'est d'écouter. Il faut que chacun raconte. C'est terriblement difficile d'accepter cette situation. Moi même j'ai besoin d'en parler. Mais aujourd'hui nous sommes là, au marché de Chênée

Véronique Balthus est présente également avec son échoppe de bonbons. Elle nous confie avoir hésité, dans un premier temps : vendre des bonbons à des gens qui ont tout perdu ... Ca paraissait difficile. Mais elle est bien présente et rassurée, ça fera du bien au moral. Et l'installation dans ce nouveau lieu s'est bien passée :  "Tout va bien, on arrive, on a les mêmes voisins. J'ai juste dû me lever un peu plus tôt, sourit-elle. 

Même son de cloche chez Jean-Marc Lallemand, le fromager. Je pense que tout le monde a besoin de revivre dans ce coin sinistré. Les gens ont besoin de réconfort, il n'y a plus beaucoup de commerces dans les environs; j'espère que les clients seront présents et heureux d'être là. On termine les finitions et on est prêts

Anne Poncelet

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