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L'amour pour son sport remis en question à cause du coronavirus?

"Très honnêtement, le hockey sur gazon, c’est le premier choix".

"Très honnêtement, le hockey sur gazon, c’est le premier choix". La phrase est lâchée par un papa attentif. Sandro sait très bien que son fils aîné, Téo, adore le hockey. "Il est passionné. Il ne rêve que de ça." Mais le Covid-19 pourrait venir mettre cet amour en question. Cette famille louviéroise n’est pas la seule à se demander s’il est raisonnable de payer une cotisation alors qu’il n’y a aucune certitude sur l’issue de la saison ?

Beaucoup de questions

L’année 2020 va laisser des traces. Le monde du sport n’est pas épargné. La saison 2019-2020 a été amputée. A partir du mois de mars, l’accès au terrain a été interdit. "On trouve qu’à partir de ce moment-là, le club de hockey de La Louvière a été extraordinaire", reconnaissent Barbara et Sandro, les parents de Téo et Eliott. "Des petits challenges ont été lancés. Les entraînements ont repris au mois de mai. Le club s’est bougé. Les loups sont restés soudés. Mais c’est la suite qui nous pose question."

La suite, c’est la demande de payement de cotisation pour la saison suivante. "Une demande de payement qui n’a pas été accompagnée d’un mot d’explication. Pour nos deux enfants, le montant s’élève à plus de 500 euros. Ce n’est pas rien. Mais à quoi bon payer une cotisation entière si la saison ne peut aller à son terme ? Quelles garanties le club nous donne ? Si le hockey doit stopper, on fait quoi ?"

Finance du club en danger

Pourquoi ne pas réduire le montant de la cotisation ? C’est LA question qui nous brûle les lèvres en rejoignant Edwin Van Helleputte dans les installations du club de hockey de La Louvière : "On aurait aimé faire un geste. Mais c’est une recommandation de la Fédération de Hockey. On nous a avertis que si l’on faisait ça, on pouvait mettre à mal les finances du club."

Le club doit en effet payer les fameux frais fixes. "Les frais énergétiques évidemment. Depuis le 20 mai et la réouverture du club, on a des factures d’eau et d’électricité. On loue aussi un chapiteau pour faire respecter les bulles. Pendant le mois de juillet et août et les stages, on a dû désinfecter les vestiaires. A la reprise de la saison, on doit désormais payer les entraîneurs."

Des raisons d’espérer un amour éternel

Ça, c’est pour le volet financier. Mais le sportif alors ? Quelles chances d’aller au bout de la saison ? "On se donne les moyens de réussir", lâche sans sourciller Edwin Van Helleputte. "La fédération belge a édicté un protocole. Nous le suivons à la lettre pour que la saison dure le plus longtemps possible."

Du côté de la Fédération Belge de Hockey et de sa porte-parole, Virginie Marsigny on confirme : "On comprend l’inquiétude de nos membres. Des experts médicaux nous ont aidés à mettre en place les règles sanitaires. On s’est rendu compte que ce n’est pas nécessairement sur le terrain que le risque de contagion est le plus élevé. Le seul point noir sur le terrain, ce sont les masques pour les PC. Il faut les désinfecter à chaque utilisation. En dehors, la vigilance est de mise. Les vestiaires sont fermés, le port du masque est obligatoire en dehors du terrain, les club-houses sont soumis aux règles de l’Horeca… Bref le protocole est strict mais si tous les membres le respectent, nous réduisons les risques."

Vivre une saison entière, avec ses membres au complet, le covid-19 lance un fameux défi aux sports collectifs.

Arnaud Montero

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