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La réalité des personnes intersexes au centre du festival " Tous les genres sont dans la culture "

Le festival " Tous les genres sont dans la culture " est unique. Mélange de rendez-vous artistiques et de pédagogie, il sensibilise le public - depuis plus de dix ans - à la pluralité des genres, aux transidentités et aux intersexuations. Organisé par l’association Genres Pluriels, le festival ouvre sa 12e édition ce 26 octobre : Journée internationale de la visibilité intersexe.

Si les transidentités sont mieux connues et acceptées dans la société - grâce entre autres à des personnalités du show business, de la mode ou de la sphère politoco-médiatique  -, une catégorie de personnes reste nettement invisibilisée : les personnes intersexes. Elles représentent pourtant 1,7 % de la population.

Quelques personnalités comme l'athlète Caster Semenya et la mannequin belge Hanne Gaby Odiele ont permis - parfois malgré elles- de donner un peu de visibilité à des personnes dont le corps est considéré le plus souvent comme anormal ou devant être "rectifié" parce qu'en dehors de la binarité sociale du masculin et du féminin.

Faire reculer l’ignorance sur les intersexuations

Le I de LGBTQI+ représente les personnes intersexes. Elles sont inclues dans le "package" comme appartenant à une minorité discriminée non pas sur base de l’orientation sexuelle ou du genre, mais sur base des caractères sexuels.

Dans sa brochure d’information, Genres Pluriels précise : Les personnes intersexes sont des individu∙e∙s né∙e∙s avec des caractéristiques sexuelles (telles que les chromosomes, les organes génitaux, ou bien encore la structure hormonale) ne correspondant pas entièrement aux catégories mâle ou femelle, ou appartenant aux deux en même temps. […] Ces variations innées, naturelles peuvent être multiples : les organes génitaux internes et/ou externes, les structures hormonales et/ou chromosomiques peuvent ne pas correspondre aux attentes médicales et sociales, tout comme d’autres caractéristiques sexuelles telles que la masse musculaire, la répartition de la pilosité ou encore la stature [...] Elles (les variations) peuvent apparaître à différents moments : en période prénatale, durant l’enfance, à la puberté ou à l’âge adulte. "

Théâtre, cinéma, ateliers, rencontres sont au programme

Le festival se déroule du 26 octobre au 23 novembre à Bruxelles, Liège, Cuesmes, Tournai et Verviers. L’événement sera la création de la pièce Les Variations Silencieuses de la Compagnie "Ah mon Amour!". La pièce raconte histoire de Gaëlle, un·e enfant intersexe née fille mais qui développe les caractères sexuels masculins à la puberté. Autour de Gaëlle, une multitude de personnages, les parents pas d’accord entre eux, les experts médicaux etc. L’histoire fictionnelle est complétée par des témoignages de personnes intersexes dont on entend les expériences de vie.

Ces témoignages évoquent les mutilations génitales subies par certains enfants intersexes et les traitements hormonaux effectués sans nécessité de santé et sans consentement éclairé, l’accès au dossier médical, le tabou, la solitude, les discriminations à l’école, etc. Mais on nous promet que le rire, la légèreté et la poésie sont au rendez-vous, notamment à travers les textes d’Isabelle Wéry qui donnent voix à Gaëlle, l’adolescente dont tout le monde parle, mais que personne n’écoute.

Ciné-débat intersexe : Un poil différent·e

Sommes-nous devenu.e.s plus ouvert.e.s à la différence de l’Autre qu’il y a un siècle ? Voilà la question du débat qui suivra la projection de "Un poil différent·e." Ce documentaire retrace l’histoire de la Femme à Barbe, Clémentine Delait devenue une célébrité internationale durant la Belle Epoque grâce à sa fameuse pilosité. L’incroyable destinée de cette femme, née dans un petit village des Vosges, nous permet aujourd’hui de nous interroger sur la question de l’émancipation de la femme et celle du genre.

Le cinéma devait être encore au menu avec deux séances intégrées au festival Pink Screens qui devait se tenir au cinéma Nova à Bruxelles du 12 au 21 novembre. Avec la fermeture des salles de cinéma à Bruxelles, le festival semble compromis... A suivre donc les annonces officielles des différents organisateurs. Outre le cinéma, des ateliers de Sensibilisation aux Transidentités et Intersexuations sont prévus à Tournai et Bruxelles.

Avec les nouvelles mesures sanitaires, plusieurs événements ont déjà été annulés, mais d'autres sont maintenus. Vous retrouverez tout le programme sur le site internet de l'ASBL.

Xavier Ess (RTBF Culture) avec Vivre ici (M.M.)