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Mais où se cachent les oiseaux des jardins ?

C’est un fait avéré dans de nombreux jardins : les oiseaux désertent les mangeoires cette année. Bien des amoureux des mésanges, pinsons, merles et grives en sont pour leurs frais. Surpris par la situation, les spécialistes de Natagora ont fait appel à leur large réseau d’observateurs et ont remarqué une certaine disparité dans les témoignages. Certains jardins sont bien mornes, tandis que d’autres regorgent d’oiseaux.

Les ornithologues avancent plusieurs pistes mais pointent du doigt l’hiver particulièrement doux. Ils soulignent tout d’abord l’absence d’afflux hivernaux. Aucune espèce n’est arrivée en nombre cette année dans nos contrées, comme l’ont par exemple fait les grosbecs casse-noyaux l’an passé. Ceci est révélateur du fait que les populations d’oiseaux migrateurs plus nordiques n’ont pas eu besoin de redescendre dans nos régions car ils ont encore à manger là où ils se trouvent. C’est le cas des roitelets huppés ou des étourneaux, par exemple, des migrateurs dits "partiels", dont les populations sont présentes toute l’année chez nous mais voient leurs effectifs hivernales renforcés par l’arrivée de contingents nordiques.

Par ailleurs, les promeneurs ont pu constater que de nombreux buissons sont encore remplis de baies. Prunelliers, aubépines, églantiers ont eu des productions exceptionnelles cette année. Dans les forêts, au moindre rayon de soleil, on entend chanter dans tous les coins. On peut affirmer que, dans certaines régions du pays, les oiseaux sont restés dans les zones forestières et les campagnes plutôt que de venir au jardin. Ils y trouvent non seulement encore la nourriture en abondance mais y défendent déjà leur futur territoire.

Enfin, il y a certainement une baisse d’effectif des espèces communes parce que la nature est malmenée de longue date. L’agriculture s’intensifie, la bétonisation continue son chemin et les jardins sont de plus en plus transformés en désert biologique : haies d’ifs et de lauriers taillées au cordeau, pelouses rases et pesticides n’arrangent évidemment pas la situation de la vie sauvage. La disparition des populations d’insectes semblent également avoir un impact non négligeable sur l’avifaune.

Tout cela ne sont en fait que des hypothèses, et pour les confirmer, Natagora invite le grand public à participer au recensement des oiseaux de jardin ces 2 et 3 février. L’arrivée de la vague froid tombe en fait à pic pour voir les oiseaux affluer aux mangeoires. C’est donc le moment de commencer à nourrir les oiseaux, jusque-là, ils n’en avaient pas besoin. Les circonstances devraient être excellentes pour voir de nombreuses espèces rallier les jardins pour le recensement. Alors, faites-vous plaisir, tout en participant à la construction d’une énorme banque de donnée scientifique !

 

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