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Image fixe d'un monde qui bouge : le coin de Poulseur

Chaque jour, la RTBF vous propose le regard et la plume d’un photographe indépendant sur la crise que nous traversons.

Un cliché et un texte publiés chaque jour en soutien à la presse, dans le cadre de "#Restart", le plan de la RTBF lancé en soutien à la culture et aux médias, secteurs durement touchés.


Cette photo a été réalisée près de Poulseur, aux bords de l’Ourthe, le village dans lequel je vis avec ma famille. Près, c’est-à-dire presque 1 kilomètre, rien quoi.

C’est la campagne, c’est le début du printemps, avec tout ce qu’il apporte, tout ce que l’on avait mis de côté, et que l’on attendait depuis les mois gris de l’hiver, l’arrivée des oiseaux, les arbres qui se réveillent, les plantes sauvages qui revivent, l’odeur du foin fraîchement coupé, journées qui s’allongent, s’allongent, et toutes ces odeurs à la sortie de la nuit.

Il y a tout ça, mais il manque pourtant quelque chose, ce n’est pas la pollution qui me manque ni les avions dans le ciel, non c’est le bruit, celui des personnes qui parlent en conduisant leurs enfants à l’école. Tiens, oui, ces enfants qui devraient être dehors, là je ne les entends plus, même les ados qui passaient avec leur musique, du rap souvent, le son à fond, même ceux-là. C’est par où la vie avec les humains ?

C’est pour retrouver les proches que ces photos existent, aller chercher ce qui me manque. Sinon, à quoi bon. Sans eux, de toute façon, la vie a comme un goût qui passe de travers.

Thomas Chable

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