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Les producteurs d'alcool belges se mettent au commerce en ligne, poussés par la fermeture des bars et restaurants

Les bars, les cafés et les restaurants de Belgique ont fermé leurs portes dimanche soir, un nouveau coup dur pour le secteur, mais aussi pour tous leurs fournisseurs.

Les bars, les cafés et les restaurants de Belgique ont fermé leurs portes dimanche soir, un nouveau coup dur pour le secteur, mais aussi pour tous leurs fournisseurs. Chez les brasseurs, chez les producteurs et les grossistes qui vendent surtout à l’Horeca, cette décision va avoir un impact sur les ventes. Pour sauver les meubles, certains se tournent vers les particuliers pour écouler les stocks via Internet, par livraison à domicile.

"Là, on a toutes les caisses qui sont prêtes à être livrées chez notre partenaire qui assure la logistique à Bruxelles au niveau de la livraison de notre e-shop", déclare Samuel Languy, gérant de la microbrasserie. En temps normal, cet établissement bruxellois dépend très fort des ventes au bar. Avec les mesures annoncées par le gouvernement fédéral pour endiguer la propagation du coronavirus, c’est une impression de déjà-vu pour l’équipe qui avait déjà lancé une boutique en ligne un peu dare-dare en mars dernier.


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Une solution "de survie" qui a porté ses fruits : "Pendant le confinement, on a livré plus ou moins 3000 caisses. Là, depuis jeudi où on a relancé les ventes sur notre shop, on a une centaine de caisses. Donc, on espère évidemment que les gens continueront à avoir soif de bonne bière bien que les bars soient fermés, parce que pour nous c’est clairement notre moyen de subsistance", précise le gérant de la brasserie qui a ouvert ses cuves en 2013. D’autant qu’il estime que c’est cela qui a sauvé la vie de la brasserie.

Côté viticole aussi, se lancer dans le commerce en ligne est aujourd’hui une nécessité. "Personne ne peut se passer de vendre sur Internet quand on veut vendre aux particuliers", raconte Thierry Lejeune, vigneron urbain. Cet homme produit lui-même son vin en plein cœur de Bruxelles. Jusqu’alors, la vente aux petits clients était pour son commerce, très marginale. Il estime toutefois que c’est important de se lancer en ligne pour ne pas dépendre que d’un circuit de vente. "Je pense qu’un petit producteur comme moi doit être multicanal au niveau de sa vente", affirme-t-il tandis qu’il presse ses raisins.


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Au-delà d’une contrainte, la fermeture imposée à l’Horeca est pour cet amoureux de bons vins une rampe de lancement pour lancer sa vente en format 2.0. L’idée germait depuis longtemps dans son esprit et la situation a accéléré les choses.

Et sur le long terme ?

Mais alors, si les ventes de breuvages alcoolisés font boom lorsque les bars sont fermés, la solution de la vente en ligne est-elle pérenne, lorsque les établissements où l’on déguste une bonne bière ou un verre de vin traditionnellement sont ouverts ? Pas tout à fait selon Samuel Languy qui a vu les chiffres des ventes en lignes évoluer négativement à la sortie de la période qui nous a tous maintenus cloîtrés à la maison : "Les ventes se sont mises à chuter, chuter, chuter, au point même où il pouvait y avoir deux ou trois ventes certaines semaines, comparé à des dizaines sur une journée pendant le confinement."

Alors à question simple, réponse simple. Le gérant de microbrasserie pense-t-il que la vente en ligne peut remplacer une bonne pinte au coin d’une table ? "J’ai quand même l’impression que le Belge préfère boire sa chope au café que chez lui", conclut-il.

Maxime Fettweis avec Simon Bourgeois

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