Liege 4000

Procès de l'explosion rue Léopold: le propriétaire est coupable

Le propriétaire de la maison qui avait explosé rue Léopold à Liège est coupable.

Le drame avait tué 14 personnes et en avait blessé 20 autres dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010. Le tribunal a fait sienne la thèse du collège d'experts. Une conduite de gaz non conforme traversait le faux-plafond non ventilé du rez-de-chaussée. C'est là que le gaz s'est accumulé avant d'exploser.

Le propriétaire avait bricolé lui-même l'installation avec une personne aux compétences inconnues. Il avait aussi manipulé les compteurs. Il aurait pu prévoir le drame. Il y avait eu une alerte quelques jours avant le drame. Sachant qu'il avait lui-même bricolé l'installation, il aurait dû avoir conscience du danger.

Le tribunal estime que les préventions sont établies dans le chef du propriétaire, soit homicide involontaire par défaut de prévoyance et de précaution. 

14 mois de prison avec sursis

D'autres personnes étaient également sur le banc des prévenus et notamment des employés de la ville de Liège. Le premier employé du service de sécurité et de salubrité publique de la Ville de Liège est acquitté. Le tribunal ne retient pas de faute de sa part. Il n’aurait pas pu prévoir l’explosion. Sa cheffe de service est, elle aussi, acquittée.

Par contre le propriétaire reconnu coupable est lui condamné à 14 mois de prison avec suris et une amende de 2750 euros.

Le service de prévention de l'intercommunale d'incendie, fautif

Le service de prévention de l’intercommunale des pompiers de Liège est déclaré coupable par le tribunal. Les pompiers de Liège sont intervenus dans l’immeuble quatre jours avant l’explosion pour une odeur de gaz. Un pompier avait détecté du gaz. Un autre pompier avait dit que ce n’était rien. L’odeur a disparu après qu’on ait aéré. Le tribunal estime que la fuite de gaz était réelle ce jour-là. Cette alerte du 23 janvier aurait dû attirer l’attention du service de prévention de l’IILE sur le dossier de cette maison déjà connue. Les pompiers avaient précédemment demandé un contrôle de conformité. Ils n’ont pas vérifié que ce contrôle avait été réalisé. L’alerte du 23 janvier aurait dû le leur rappeler. Le tribunal a toutefois suspendu le prononcé de toute peine vis à vis de ces pompiers.

François Braibant

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