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Muriel Targnion n'est plus bourgmestre de Verviers

C’est le dernier épisode du feuilleton politique de cet été : Muriel Targnion n’est plus la bourgmestre de Verviers.

Hier soir, le conseil communal l’a remplacée par le socialiste Jean-François Istasse.

Ils regrettent tous l’image désastreuse donnée à la politique

Le vote n’est arrivé qu’après plus de deux heures de conseil. Les élus ont pris la parole les uns après les autres. Souvent pour regretter l’image désastreuse que les représentants politiques ont donnée d’eux-mêmes aux citoyens. Le PTB a longuement pris la parole. Le conseiller PP Bruno Berrendorf a regretté que Hasan Aydin, né à Verviers, ait été considéré comme un Turc par les autres élus de sa majorité. Dans les rangs d’Ecolo, Jean-Sebastien Mahu a dit son malaise d’être un élu parmi les élus. On a entendu l’expression "marécage nauséabond".

L’échevin ex-socialiste Alexandre Loffet, visé par la motion de méfiance, et qui allait perdre sa place, a cité le Tartuffe de Molière : "[…] vous vous saisissez d’un prétexte frivole pour vous autoriser à manquer de parole." Alexandre Loffet a ensuite quitté sa place à la table du collège et est allé s’asseoir dans la salle.

Muriel Targnion a expliqué que quitter la politique représentait pour elle le bonheur de pouvoir de nouveau s’occuper de sa fille. La motion qui installe la nouvelle majorité a été votée par 20 voix contre 11. 5 élus se sont abstenus. Le socialiste Didier Nyssen, ex-soutien de Muriel Targnion, et qui avait pourtant annoncé son retour dans les rangs du PS "canal officiel", a voté contre la motion qui installe la nouvelle majorité.

L’éviction de Muriel Targnion illégale ?

L’ex-bourgmestre Targnion considère que son éviction est illégale – ou en tout cas le moyen utilisé pour y parvenir, qui ne respecte pas l’esprit de la loi et qui va permettre "aux partis de revenir à l’ancien système", c’est-à-dire de nommer bourgmestres des mandataires élus avec moins de voix que d’autres.

Muriel Targnion compte introduire avec Alexandre Loffet un recours en extrême urgence au Conseil d’Etat. "Si le Conseil d’Etat suspend, c’est l’ancien collège qui reviendra, jusqu’à ce qu’on trouve un autre moyen d’installer une autre majorité. Je le souhaite d’ailleurs. Je ne veux plus travailler avec ces gens-là."

Notez qu’en ouverture de ce conseil communal, l’ancien bourgmestre centriste Marc Elsen a démissionné "avec tristesse" de son poste de conseiller. Il a ensuite quitté la salle sans assister à la soirée qu’il pressentait "faste". Dans les rangs du cdH, le conseiller Claude Orban, un proche de Marc Elsen, a exposé tout le mal qu’il pensait de cette motion qu’il s’apprêtait à voter pour respecter la discipline de son parti. Il veut "combattre les erreurs de l’intérieur" mais sa fidélité "aura un jour ses limites".
 

François Braibant

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