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FedEx compte supprimer 671 emplois dans son hub aérien de Liège

Le transporteur américain FedEx a l’intention de supprimer 671 emplois dans son hub aérien de Liège, a confirmé mardi l’entreprise dans un communiqué.

Le plan entraînerait en outre une modification des horaires et du nombre d’heures de travail pour 861 autres membres du personnel du site liégeois.

L’objectif de l’entreprise est de "redimensionner ses effectifs européens à l’approche de la finalisation de l’intégration du réseau TNT", acquis en 2016. "Des propositions visant à remédier à la duplication des emplois, résultant de l’exploitation des deux vastes réseaux européens qui connectent des zones géographiques similaires, ont été présentées (mardi) aux représentants des salariés européens et aux équipes", explique FedEx.

"C’est la dernière étape de l’intégration de TNT par FedEx. Nous avons annoncé notre intention de procéder à la mise en place du nouveau réseau aérien intégré, de manière à avoir moins d’avions, moins de dépenses et être plus efficaces en termes de coûts de transport", détaille Jean Muls, vice-président des hubs aériens de FedEx en Europe, au micro de la RTBF.

Jean Muls ajoute : "Plutôt que d’avoir un avion qui part de Liège et un avion qui part de Paris vers la même destination lointaine, on n’aura plus qu’un seul avion plus gros qui partira vers cette destination avec un acheminement de Liège vers Paris par un autre moyen de transport moins coûteux."

Le vice-président précise : "Liège resterait un maillon important du réseau. Demain ce sera le cas, même s’il faut qu’on ajuste nos ressources par rapport aux besoins."

Un hub européen secondaire

"Effectivement, nous avons été appelés ce mardi pour un CA extraordinaire, vers 12h. Nous y avons appris que 671 personnes seront licenciées à partir de mars 2022 ; et 861 personnes vont devoir réduire leur temps de travail, accepter de la flexibilité et, surtout, changer de mode de vie. Au total, cela représente 1532 personnes impactées", a confirmé à la RTBF Massimo Urbani, délégué CSC.

La principale explication avancée par la direction aux organisations syndicales est que "TNT Liège est un hub secondaire. C’est en effet l’aéroport Charles de Gaulle qui absorbe tout. Et nous, nous devenons secondaires par rapport à eux", ajoute-t-il.


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Une décision qui surprend d’autant plus les syndicats puisque le secteur du fret connait une période de croissance, avec un nouveau record cette année : plus de 1,8 million de tonnes transportées (dont près des deux tiers rien que pour l’aéroport liégeois).

"C’est avec stupéfaction que j’ai pris connaissance de l’annonce de Fedex. Le gouvernement wallon sollicite une rencontre sans délai avec la direction de FedEx, de l’aéroport de Liège et avec les syndicats de l’entreprise. Nous mettrons tout en œuvre pour soutenir les travailleurs", déclare pour sa part sur Twitter Elio Di Rupo (PS), le Ministre-Président de la Wallonie.

L’impact global sur les effectifs sera de 5500 à 6300 personnes dans les équipes opérationnelles et dans des fonctions supports, selon le transporteur. La "proposition" prévoit que Liège fonctionnerait comme un hub secondaire en Europe centrale, Roissy-Charles de Gaulle constituant le principal.

FedEx a l’intention de procéder, en Cité ardente, à un licenciement collectif tel que prévu par la loi Renault. Bien que la direction n’ait pas encore souhaité s’exprimer, la phase 1 de la procédure Renault devrait être lancée en février, à la demande des organisations syndicales, qui veulent avoir le temps de consulter les travailleurs.

"Les prochaines étapes, ce sont des sessions d’information, des réunions de consultation qu’on va avoir avec nos partenaires sociaux. Si l’intention devait être confirmée, nous passerons à la négociation d’un plan d’accompagnement pour les travailleurs affectés", conclut pour sa part Jean Muls.

RTBF

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