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Elections communales: deux ans après, un nouveau souffle politique avec les listes citoyennes?

Mouvement citoyen, Initiative citoyenne, défis citoyens.

.. Les listes dites "citoyennes" se sont multipliées lors des dernières élections communales il y a tout juste deux ans (14 octobre). En Wallonie, on est passé de 38 listes avec le mot citoyen en 2012 à 84 listes en 2018. Souvent avec certaines valeurs mises en avant: transparence, éthique, absence de parti pris. La médiatisation du scandale Nethys n'y est certainement pas étrangère. Mais leur succès électoral n'a pas toujours été au rendez-vous. Effet de mode ou réelle lame de fond? Le souffle nouveau sur la politique locale espéré par les listes citoyennes a souvent eu l'effet d'un soufflet.

En province de Liège, à part Baelen et Soumagne, aucune liste citoyenne proprement dite ne participe à une majorité communale. Il est dès lors difficile d'instaurer de nouvelles pratiques politiques. Vincent Jacquet, chercheur FNRS et politologue à l'UCLouvain: "On voit que c'est très rare qu'elles accèdent directement au pouvoir, particulièrement celles qui se sont constituées en 2018. Elles ont gagné peut-être un ou deux sièges mais ne sont pas encore entrées dans les majorités. Ce qu'on peut dire, c'est que ces listes citoyennes, même si elles ont peu de sièges au sein des conseils communaux, peuvent un peu agir comme un aiguillon par rapport aux autres partis traditionnels, dans une logique de changement des pratiques politiques".

Ces listes citoyennes sont donc plus nombreuses dans l'opposition. Jean-Marc Servais a été fraîchement élu en 2018 sur la liste "CitoyenS!", à Stavelot. Cet agent commercial a découvert la politique communale: "Bien entendu, on n'est pas à la manœuvre, mais le travail dans les dossiers nous oblige toujours à poser énormément de questions à la majorité en place" reconnait-il. "On les pousse à être meilleurs que ce qu'on pensait qu'ils étaient au départ".

Par contre, la découverte du fonctionnement des intercommunales reste plus difficile. "Les intercommunales, c'est plus des grosses machines qu'on découvre, où là, le pouvoir des partis traditionnels est énorme" explique Jean-Marc Servais. "Nous, quand on arrive, une petite liste citoyenne, c'est assez difficile de faire sa place. Il faudrait peut-être que toutes les lites citoyennes se rassemblent plus pour avoir un poids plus grand par rapport aux partis traditionnels".

Erik Dagonnier

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