Liege 4000

Déchets engendrés par les inondations : saturation des recyparcs d’Intradel et du dépôt temporaire de l’A601

Les inondations ont généré une quantité phénoménale de déchets de toutes sortes.

Les centres de tri ayant rapidement été saturés, un dépôt temporaire a été créé sur l’A601, cette bretelle d’autoroute désaffectée au nord de Liège. Mais il est aussi arrivé à saturation. Alors, depuis mercredi matin, les déchets sont acheminés sur un site en friche à Wandre.

Ce vendredi matin, le tas formé par les déchets amenés là en 48 heures était déjà gigantesque.

Sur place, Jean-Jacques De Paoli, le porte-parole d’Intradel, l’intercommunale liégeoise de traitement des déchets, nous explique que les recyparcs de celle-ci sont aussi saturés : "Ce vendredi matin, six parcs sont fermés pour cause de saturation. Donc ça veut dire qu’il y a des apports qui sont tout à fait exceptionnels. Le message principal, c’est de dire qu’il faut laisser la priorité aux personnes sinistrées, évidemment. Si vous tondez votre jardin aujourd’hui, gardez vos déchets verts chez vous encore quelque temps et laissez la priorité aux personnes sinistrées."

Dans les zones sinistrées, deux recyparcs sont fermés. "Trooz est inaccessible en fait. Et puis Limbourg qui a été très, très fortement dégradé et sinistré par les eaux, donc, a priori, Intradel qui avait 49 recyparcs, n’en a plus que 48.", détaille Jean-Jacques De Paoli.

Face à l’afflux de déchets et la rapide saturation des centres de tri, il a fallu faire preuve d’inventivité. "Le maître-mot, c’est vraiment inventer d’heure en heure, de jour en jour.", confirme le porte-parole d’Intradel, "On a d’abord inventé des solutions pour fournir la quantité de conteneurs nécessaire dans les communes pour pouvoir évacuer les déchets. On a trouvé des solutions avec nos transporteurs pour les amener, ces conteneurs, les reprendre et les décharger. Dans un premier temps, dans les centres de tri, mais qui ont été saturés en 24 heures. Puis, plan A, ça a été la A601 qui a été ouverte avec le SPW Mobilité et la Province de Liège. Mais la A601 est, elle aussi, arrivée assez vite à saturation, finalement en un peu plus de 48 heures. Et puis, plan B, ce site sur lequel on se trouve, le site du Wérihet à Wandre qui, lui, est un site qui va sans doute tenir plus longtemps, en tout cas on l’espère."

Les arrivées de déchets sont incessantes. "Depuis que les centres de tri ont été saturés, la vague de solidarité qui s’est mise en place est très importante. Donc on a ici, pas uniquement des camions de professionnels du déchet, on a des camions de transporteurs, on a des tracteurs qui viennent avec des bennes agricoles de déchets."

Que vont devenir les déchets ainsi stockés ? "Tout est mélangé.", constate, avec nous, Jean-Jacques De Paoli, "On n’est pas dans le tri. On est dans l’efficacité. On travaille avec des partenaires qui essayent d’être le plus efficace possible. Mais on essaye quand même de parvenir à faire quelque chose de tout ceci. Donc, quand les grues voient un frigo ou une machine à laver, elles les extraient et les mettent de côté, troncs d’arbres ou souches d’arbres, elles extraient et les mettent de côté, déchets de construction, même raisonnement. Tout ce qui aura pu être trié, mais je le dis tout de suite, ce sera très faible en termes de quantité, repartira vers les filières de recyclage traditionnelles, le reste sera incinéré."

 

Pour leur part, les filières de recyclage ne sont actuellement pas saturées. "Mais derrière ceci, il y a évidemment un effet domino.", explique Jean-Jacques De Paoli, "C’est que plus la quantité de déchets qu’on reçoit est importante en un laps de temps court, plus évidemment, cela risque de saturer les filières de recyclage. Mais, je dirais, heureusement et malheureusement, la quantité de déchets recyclables qu’on extrait d’ici est tellement faible que ça ne risque pas de saturer les filières de recyclage."

Dans les zones sinistrées, on peut encore voir beaucoup de déchets sur les trottoirs, on n’est donc pas près de voir la fin de ce travail. Et Jean-Jacques De Paoli ajoute : "On s’attend à ce qu’on appelle entre nous une deuxième vague. Certains ménages ont conservé des objets pour démontrer aux compagnies d’assurances qu’ils ont été sinistrés et à quel degré ils l’ont été. On sait que ces déchets vont arriver dans un second temps. Quand ? La question reste entière.".

Martial Giot

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