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Christian De Valkeneer va quitter Liège pour présider le tribunal de première instance de Namur-Dinant

Le procureur général de Liège Christian De Valkeneer a été désigné vendredi par le Conseil supérieur de la justice pour devenir dans quelques mois le nouveau président du tribunal de première instance de Namur-Dinant, a-t-il indiqué lundi à l'agence Belga, confirmant une information de LN24.

Le procureur général de Liège avait postulé pour cette fonction.

Son deuxième mandat liégeois se termine

Christian De Valkeneer arrive au terme de son deuxième mandat et cette nomination lui apparaît "comme la meilleure solution à l'approche de la fin", même s'il quittera Liège "le cœur serré". Il rejoindra le tribunal de première instance de Namur-Dinant vers le mois d'avril.

"J'aime beaucoup le travail que je fais au quotidien à Liège" nous a confié le procureur général. "J'aime aussi beaucoup l'équipe avec laquelle je travaille. Mais les chefs de corps dans la justice en Belgique fonctionnent selon un système de mandats. On peut faire deux mandats de cinq ans et puis à l'issue du deuxième mandant, on ne peut plus rester chef de corps de cette juridiction. Mon mandat arrive à échéance cette année et j'estime que rester dans la juridiciton dont on a été le chef n'est probablement pas la meilleure solution, ni pour le successeur, ni pour l'équipe, ni pour celui qui reste. 

Il a postulé pour Namur-Dinant

La meilleure chose était de postuler vers une autre fonction. La première instance est au coeur des problèmes sociaux. C'est aussi pour moi l'occasion de me rapprocher du terrain, de refaire un travail judiciaire de première ligne. Il y a d'autres places pour lesquelles j'aurais pu éventuellement penser, mais celle-là m'intéresse vraiment beaucoup. Il y a de belles choses à réaliser à Namur et dans les tribunaux de première instance. Comme procureur général, on est confronté à des questions plus générales, plus stratégiques, et j'ai aussi envie de revenir vers des choses peut-être un peu plus concrètes."

Un nouveau procureur général devrait entamer ses fonctions en Cité ardente d'ici la fin de l'année, le temps de la procédure, précise-t-il. L'intérim sera assuré par le premier avocat général Pierre Vanderheyden : "Nous travaillons en équipe depuis plusieurs années" explique le procureur général De Valkeneer. "Il connaît vraiment très bien les rouages du Parquet Général et du Ressort. C'est un magistrat très compétent et très expérimenté et donc c'est lui qui fera l'intérim dans l'attente d'avoir un nouveau procureur général."

Des souvenirs marquants à Liège

De ses années liégeoises, Christian  De Valkeneer se souviendra des affaires politico-financières et du triple assassinat du 29 mai 2018 : "Deux policières sont mortes plus ce jeune étudiant qui terminait ses études et qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment . C'est quelque chose qui nous a tous profondément secoués. La police, ce sont de proches collaborateurs de l'autorité judiciaire. On a tous ressenti ça dans notre chair. Il y a aussi ce policier de Spa qui a été tué. Ca m'a beaucoup marqué. En l'espace de peu de temps, les services de police ont payé un lourd tribut à la sécurité."

D'abord substitut à Bruxelles où il est né et où il vit, Christian De Valkeneer était devenu collaborateur du Premier ministre Wilfried Martens avant d'expérimenter la magistrature assise, en présidant une chambre correctionnelle bruxelloise. Nommé juge d'instruction en 1997, il s'est spécialisé dans les techniques particulières et la lutte anti-terroriste, menant notamment à l'arrestation de huit membres du GIA, dont le Français Farid Melouk.

A Namur-Dinant dans les trois mois

Fort de cette expérience, il s'installe comme procureur du Roi à Charleroi en 2005 où il succède à Thierry Marchandise. Après sept années passées à Charleroi, le "procureur au nœud papillon", avait pris ses fonctions à Liège en 2012.

Le Conseil supérieur de la justice dispose de 40 jours maximum pour motiver sa décision soumise au ministre de la Justice, souligne LN24. Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a lui 50 jours maximum pour prendre un arrêté de nomination du futur président du tribunal de première instance de Namur-Dinant.

François Braibant avec Belga

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