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Affluence des jeunes dans le Carré à Liège: "Le problème, c'est au moment de la fermeture"

Dans le quartier du Carré, à Liège, les fêtes sont courantes.

Alors, bien sûr, il y fait un peu plus calme pour le moment. Mais plus les heures passent, plus les consignes sont oubliées. Nous nous y sommes rendus ce jeudi, en début de soirée.

On vient plus tôt, on se décale

C'est l'un des lieux les plus festifs du pays. Des dizaines de cafés à mi-chemin entre bar et discothèque où, en temps normal, on danse, on se bouscule. Mais aujourd'hui, son visage a changé. Désormais, les étudiants sont pratiquement devenus les uniques clients. Ce sont eux qui font encore vivre les cafetiers. La soirée vient à peine de commencer, et ils ont déjà envahi toutes les tables: "Bizarrement, ici, maintenant, à 18 heures, il y a beaucoup plus de gens qu'avant. On se décale en fait. Quelque part, on s'adapte" explique cette étudiante.

Fini le service au bar, des tables de maximum 4 personnes et une fermeture à 23 heures. Des mesures difficilement compatibles avec l'esprit du Carré. Et il faut parfois rappeler à l'ordre certains clients: "Ça fait partie du job" explique Sylvain Georges, patron d'un café dans le Carré. "Il faut leur rappeler les consignes, sinon les amendes sont salées. C'est vite 750 euros. Et pour le moment, 750 euros, on n'a pas envie de les donner, on les gagne tellement péniblement"

En ce début de soirée, c'est loin d'être l'anarchie dans le Carré. Les rues ne sont pas bondées. Il y a toujours des exceptions, mais les règles semblent bien suivies dans les différents cafés que nous visitons. Et beaucoup d'étudiants estiment être stigmatisés, à tort: "Je ne vois pas en quoi c'est une solution de dénoncer les jeunes comme seuls responsables de l'épidémie. Non." témoigne un étudiant.

La soirée s'est bien passée. Le problème, c'est à 23 heures

A 22h45, les bars commencent à fermer. La police, absente durant toute la soirée, débarque en nombre. Et c'est maintenant que la situation va déraper durant quelques minutes. Les jeunes sont tous mis dehors au même moment. Beaucoup sont ivres et la distanciation n'existe plus. "La soirée s'est très bien passée. Le seul problème, c'est maintenant" explique Sylvain Georges, patron de café. "Il y a beaucoup de jeunes. A un moment donné, les rues, ce n'est pas à nous de les gérer, et ici, c'est assez difficile".

En moins de 20 minutes, le Carré est totalement vidé. Certains jeunes sont rentrés chez eux, mais beaucoup vont prolonger la soirée dans des kots. Pendant ce temps, les cafetiers ferment leurs portes, inquiets. Ils craignent qu'on leur annonce dans les prochaines heures une nouvelle fermeture pure et simple.

Natacha Mann

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