Tubize 1480

Vers un dispositif d'urgence sociale en Brabant wallon

Les provinces de Luxembourg et du Brabant wallon sont les seules, côté francophone, à ne pas disposer de véritable abri de nuit destiné aux sans domicile fixe ! C’est en tout cas ce qu’affirment des acteurs sociaux qui participent actuellement à des réunions de travail sur l’urgence sociale en Brabant wallon.



Cela fait des années qu’on attend des solutions dans les communes brabançonnes wallonnes, surtout en hiver ; parfois aussi, le reste de l’année. Jusqu’à présent, les réunions et les débats n’ont pas réellement permis d’apporter des solutions structurelles d’hébergement de nuit avec un accompagnement adéquat.

Mais depuis quelques mois, Province, communes et acteurs de terrain unissent leurs efforts pour pouvoir enfin avancer. Ces travaux préparatoires donnent lieu à cinq tables rondes organisées cette semaine-ci dans plusieurs entités du Brabant wallon pour trouver des solutions pérennes aux différents problèmes d’urgence sociale.

Une précarité croissante

Contrairement aux a priori, le Brabant wallon est également touché par une précarité croissante. Parmi les problèmes rencontrés : les difficultés d’accès au logement. "En collaboration avec les six maisons d’accueil du Brabant wallon et un centre de jour, nous avons demandé à la Province de mettre en place des réunions de travail pour réfléchir ensemble à la mise en place d’un dispositif d’urgence sociale", explique Françoise Jacques, directrice d’une maison d’accueil pour femmes et enfants en difficulté (La Maison Maternelle du Brabant wallon, à Ottignies). "Dans cette province, il n’y a pas d’abri de nuit, ni de relais social. Nous pensons qu’un seul abri de nuit n’aurait aucun sens. Il faudrait plutôt mettre en place un dispositif permettant d’accompagner la personne en journée, la nuit et à long terme. Mais cela doit être un ensemble de services".

Un réseau et pas un lieu unique

Plusieurs élus avaient proposé ces dernières années la création d’un abri de nuit unique. Ce centre aurait été instauré à Ottignies Louvain-la-Neuve ou à Nivelles, deux communes où les besoins semblent importants. Mais faute de cadastre pouvant objectiver une situation complexe et variable dans le temps, les acteurs de terrain semblent préférer la mise sur pied d’un réseau permettant de couvrir l’ensemble du territoire. "Une maraude – un déplacement d’acteurs sociaux sur le terrain — comme celle organisée par exemple à Bruxelles ne pourrait pas être organisée dans un territoire aussi vaste que la province du Brabant wallon", explique Pierre Lambrette, Président du CPAS de Braine-l’Alleud. "Différents services sociaux existent dans la province. Il faudrait peut-être les mettre en réseau et augmenter par exemple le nombre de places d’accueil en fonction des besoins".

Pour Daniel Poisson, représentant du Réseau brabançon pour le Droit à l’Habitat, "il pourrait très bien y avoir plusieurs abris de nuit, relayés par un réseau global". De nombreuses institutions seraient parties prenantes, précise-t-il.

Le projet devra tenir compte des différents profils de publics précarisés. Et des besoins en matière de soins de santé. Il faudra réfléchir aux familles monoparentales, aux assuétudes, aux problèmes de santé mentale, à la sécurité, aux animaux de compagnie, aux projets de réintégration, etc…

Le nerf de la guerre

Le plus difficile, ce sera de financer le dispositif. "La Province du Brabant wallon est prête à participer au financement", souligne Tanguy Stuckens, député provincial. "La Région wallonne interviendra aussi". Comme les communes et d’autres acteurs, avec parfois des interventions d’une autre nature. Des aides matérielles, par exemple.
Le projet semble enfin sur les rails. Mais il prendra encore du temps avant d’aboutir.

Jean-Claude Hennuy

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