Tubize 1480

Masque non obligatoire au cours d'éducation physique : l'Ipes-Tubize s'adapte

On le répète régulièrement : le port du masque est obligatoire pour les élèves de secondaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


Il y a toutefois quelques exceptions… Par exemple, pour les cours d’éducation physique, mais uniquement pendant l’activité.

Pour certains enseignants et directeurs d’école, les premières circulaires rédigées par le pouvoir politique étaient trop floues. Ce qui a suscité de nombreuses interrogations et craintes dans le chef de certains professeurs. Mais il faut aussi préciser que la mise en place d’un protocole spécifique à cette matière est particulièrement compliquée.

En attendant des consignes plus précises, les acteurs de terrain ont donc planché sur des solutions pragmatiques. Un travail rendu possible grâce au dialogue, dans le respect de l’esprit général des consignes sanitaires imposées aux écoles. C’est par exemple le cas dans une école secondaire de Tubize où les cours d’éducation physique reprenaient ce lundi.

Ipes-Tubize

L’Ipes-Tubize, l’Institut provincial d’enseignement secondaire, compte environ un millier d’élèves. L’organisation de cette rentrée sous le signe Covid est un véritable casse-tête. Et pourtant, direction, pouvoir organisateur et enseignants ont plutôt bien débuté l’année. Comme partout, personnel et élèves se passeraient volontiers du masque, mais ils s’y font, malgré tout !

Pour la pratique sportive, les choses sont plus compliquées. Le port du masque s’avère souvent très pénible, voire presque impossible. "Faire du sport avec le masque, ce serait trop pénible ! Je ne pourrais pas respirer convenablement. J’approuve donc cette mesure permettant de ne pas porter le masque", nous dit un élève de 12 ans. "Moi, je pense que cette mesure est bonne, mais personnellement, je porterai quand même un masque, par sécurité. J’estime qu’il faut être prudent. Les élèves ne doivent prendre le risque de transmettre le virus en rentrant chez eux, après l’école", souligne un élève de 13 ans. "Tout dépend de la situation", poursuit une élève de 13 ans. "S’il n’y a pas moyen d’assurer la distance physique au cours de gym, alors je pense qu’il faut tout de même porter le masque".

Les gestes barrières, comme tousser dans le pli du coude, restent d’application. Le matériel "partagé" doit être désinfecté par les élèves, sous l’œil vigilent des professeurs (spray et papier mis à disposition). Dans les vestiaires par contre, pas question d’oublier son masque.
Pour réduire le risque de contamination, l’école tubizienne suspend provisoirement la pratique des sports de contact, comme le judo ou la lutte. "Je n’ai rien contre le judo, bien sûr. Mais les sports de contact, comme des entraînements supposant une certaine promiscuité, présentent un risque de contamination, souligne Benoît Fernandez, professeur d’éducation physique.

Privilégier l’extérieur

"Quand c’est possible, nous organisons les cours d’éducation physique à l’extérieur", explique Valéry Jouret, directeur de l’Ipes-Tubize. "Aujourd’hui, par exemple, les élèves vont courir dehors, sans masque sauf s’ils souhaitent le porter. Nous voulons en tout cas privilégier les activités permettant une certaine distance physique".

Face aux inquiétudes légitimes de certains professeurs, pouvoir organisateur et direction ont eu un dialogue constructif. Le personnel a pu être rassuré. "Même s’il n’y avait rien d’indiqué dans la circulaire, on pouvait tout de même avancer", explique André Grenier, directeur d’administration de l’enseignement provincial (en Brabant wallon). "La circulaire ne pourrait de toute façon pas tout détailler ! Par ailleurs, chaque prise d’initiative des écoles est contrôlée par des spécialistes du secteur de la santé. Nous voulons poursuivre un dialogue constructif avec tous les acteurs concernés, pour trouver les meilleures solutions aux particularités de certains cours, comme les cours d’éducation physique".

Tracing

"Ce qui est important pour nous", précise Valéry Jouret, c’est de pouvoir identifier les moments peut-être un plus à risque. En cas de contamination, on doit pouvoir identifier clairement chaque élève ayant été en contact avec un élève positif au coronavirus. Le tracing est vraiment capital".

Des débriefings sont prévus en fin de semaine, pour adapter les consignes, si nécessaire.

Jean-Claude Hennuy

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