Chastre, témoin de grandes batailles

L’entité de Chastre se situe au sud  du Brabant wallon entre Gembloux et Louvain-la-Neuve. Son histoire débute avec l’occupation romaine et le développement des chaussées. Celle qui reliait Bavay à Cologne, et qu’on appelle également "chaussée Brunehaut", traverse le sud de la localité.

Les terres fertiles de la Hesbaye brabançonne poussèrent les Romains à y installer un « castra », un campement fortifié. Les témoins de cette époque ne manquent pas, notamment les deux tumuli gallo-romains de Noirmont. Ils ont été construits une centaine d’années à peine après Jésus-Christ. Dans la mesure où on y a retrouvé de superbes objets, visibles aujourd’hui aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire (Parc du Cinquantenaire, Bruxelles), on imagine que des notables de la région y ont été inhumés. Parmi les objets découverts, une cruche à vin en verre translucide, une sculpture de coquille réalisée en ambre évidé et une autre d’un lézard façonné en cristal de roche.

A Villeroux, les archéologues ont mis au jour les vestiges d’une villa romaine.

Au 4e siècle,  la région de Chastre s’est totalement désertifiée à la suite des invasions barbares. Il a fallu attendre 300 ans pour assister à un repeuplement et à une réorganisation menée par les abbayes et seigneurs locaux. La vocation agricole s’est alors affirmée durablement.

Au 20e siècle, pendant la deuxième guerre mondiale, les 7 villages qui composent l’entité de Chastre ont été le théâtre de batailles sanglantes qui ont couté la vie à des milliers de soldats de toutes les nationalités lorsqu’il a fallu tenter repousser les offensives de l’armée allemande.

L’ossuaire de Chastre, les cimetières militaires, le Musée français de Cortil-Noirmont et des noms tels que la Place du 7ème Tirailleur Marocain rappellent à suffisance l’ampleur des grandes batailles.

C. Vandelois