Chastre 1450

Savonnerie artisanale à Chastre : "On ne s'improvise pas savonnier"

L’aventure parfumée de Geneviève et Fabrice a démarré il y a trois ans.

En pleine reconversion professionnelle, ils se sont pris de passion pour le savon. "Mon compagnon a des problèmes de peau et ne supportait plus les gels douche du commerce, qui sont aussi agressifs que des détergents, raconte Geneviève. Il s’est donc mis à "chipoter" des savons en lisant un bouquin sur la question qu’il m’avait offert". Le couple s’est ensuite formé auprès d’un artisan savonnier en Provence. "Il y a vraiment tout un procédé nécessaire à l’élaboration du savon qui n’est pas noté dans les bouquins", poursuit-elle.

Pas pour les apprentis sorciers

Et c’est vrai qu’au vu des manipulations que Geneviève réalise dans le petit atelier-laboratoire aménagé à l’étage de la maison familiale, mieux vaut ne pas jouer les apprentis sorciers. "Je porte un casque avec une visière, un tablier, des chaussures fermées et surtout des gants !". Car avant de devenir un produit de soin doux pour la peau, le savon est extrêmement corrosif : "C’est un mélange composé d’huiles végétales, d’olive, de coco, de karité ou de ricin, et de soude caustique diluée dans de l’eau. Quand les deux produits sont à une même température bien précise, je peux les mélanger. J’attends que la pâte se forme. Et c’est à ce moment-là que je peux ajouter les huiles essentielles qui parfumeront l’ensemble". Le mélange est ensuite coulé dans des moules où il va sécher pendant 48 heures, avant d’être découpé. "Pendant les 48 premières heures, la soude caustique est toujours active, c’est pourquoi je porte des gants pour la découpe. Mais une fois que le savon est mis en vente, il n’y a vraiment plus de danger", rassure-t-elle.

Une activité complémentaire

Le couple a concocté huit formules de savon et deux de shampooings solides, adaptées à différents types de peau. "On se limite à ça pour l’instant, car il faut faire valider ces formules par un cosmétologue puis les faire enregistrer, et ce n’est pas donné", explique Geneviève. La gamme est vendue sur internet, sur des marchés artisanaux et dans quelques magasins. "On aimerait faire plus, avoir notre propre boutique, mais c’est encore un rêve". Pour l’instant la savonnerie reste une activité complémentaire pour Geneviève et Fabrice. Mais l’engouement actuel pour les produits sains et zéro déchets les encourage à poursuivre l’aventure.

Stéphanie Vandreck

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