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La presse de demain vue par les jeunes lors de l'évènement "Apocalypse News" à Mons

La semaine dernière, plusieurs étudiants âgés entre 15 et 25 ans étaient présents au Mundaneum à Mons pour un rendez-vous unique autour du métier de journaliste. Quels sont les enjeux de la profession ? Quel est l'avenir pour les médias ? Quels sentiments expriment ces jeunes envers le journalisme d’aujourd’hui ? Focus sur ces deux journées pédagogiques...

"Sensibiliser aux médias, créer du dialogue avec les journalistes et faire des propositions créatives pour les médias de demain" tel était l’objectif des organisateurs de l’événement "Apocalypse News".

Le projet est une véritable réussite puisque les étudiants, heureux de participer à une telle organisation, ont joué le jeu du début à la fin. Entre ateliers, conférences et moments créatifs, les jeunes ont pu découvrir l’envers du décor de la profession.

Vivre Ici est allé à leur rencontre et vous délivre leurs impressions.

La face cachée des pure players

Arrivés sur place, les étudiants ont été assignés à un groupe de couleur. Ensuite, direction le premier atelier pour découvrir les différents supports de la presse.

Lorsqu'ils ont discuté ensemble de "support médiatique", ils se sont vite rendus compte que cela va beaucoup plus loin que les traditionnels "radio", "papier" et "télé". Avec l’évolution technologique, les médias se sont dorénavant tous installés sur le web.

Dès leur entrée, ils ont été bombardé de questions comme : "Consultez-vous la presse ?", "Quels médias utilisez-vous ?", "Connaissez-vous Konbini, Brut ou Monkey ?".

Ils apprennent alors que ces trois pure players ont totalement révolutionné notre manière de nous informer, un peu de la même manière que Netflix a bouleversé nos habitudes de consommation de films et de séries. Grâce à leurs vidéos sous-titrées et disponibles directement sur les réseaux sociaux, ces nouveaux médias attirent davantage la génération X. Pourquoi et comment ? Les jeunes nous répondent...

Jessica : "Je préfère Konbini car on a accès à des témoignages directs et concis avec un regard caméra. C’est une manière plus familiale de donner l’information et on se sent plus concerné."

Tom : "Avec Monkey, on a des informations vulgarisées et illustrées, avec des reportages et des infographies sympas".

Avec des vidéos et des échanges, les intervenantes d’Action Médias jeunes nous expliquent ce qu’est une véritable information et que les pure players cités plus haut sont souvent influencés par la publicité. Pour mieux comprendre, ils ont analysé la vidéo "KONBINI : CRÉER UN MÉDIA D'INFODIVERTISSEMENT PSEUDO-ENGAGÉ" de la chaîne YouTube "Un Créatif".

Après cette analyse, les étudiants se sont rendus à l’atelier "ligne éditoriale" où ils ont fait la connaissance de Xavier Lambert, ancien du journal Sudpresse et maintenant journaliste à la RTBF.

Il est revenu aux fondamentaux avec la règle des 5W (who, why, when, what, where) et la loi de proximité tout en intégrant des notions plus pointues en matière de sensationnalisme, un aspect de la presse qui inquiète de plus en plus les jeunes...

S’interroger encore et toujours plus avec la conférence d’Anne-Sophie Novel

Docteure en économie et journaliste free-lance française, Anne-Sophie Novel est venue parler de son film "Les médias, le monde et moi", un documentaire qui répond à de nombreuses questions concernant l’univers médiatique.

La journaliste nous confie qu’elle souhaitait "partager son expérience et comprendre pourquoi la population est dégoutée de la profession de journaliste". Face aux étudiants, la réalisatrice s’interrogeait sur le regard des jeunes face aux médias.

Le premier jour d’Apocalypse News, les étudiants du secondaire étaient plus réticents à répondre. À la question "Pourquoi n’aimez-vous pas les médias ?", plusieurs ont répondu que "la presse n’informe que des mauvaises choses et qu’ils ne peuvent rien y changer. Qu’elle dissimule de la publicité et qu’elle relaie trop d’informations avec de l’exagération".

Anne-Sophie Novel, en accord avec ces jeunes, ajoute que "bien s’informer, c’est comme bien manger" et qu’il faut "recréer la confiance entre le public et les médias".

Avec son film, la réalisatrice met en avant des initiatives de nombreux journalistes qui essayent de reprendre le contrôle. Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre article dédié à son documentaire et à découvrir son film diffusé le 21 mars sur la RTBF.

Quel est leur média idéal ?

Après avoir débattu avec la journaliste Anne-Sophie Novel, les jeunes se sont donnés rendez-vous par groupes afin de "construire le média de demain". Au cours de cette réflexion, plusieurs aspects sont revenus dans chaque groupe comme l’utilisation des technologies (drones, réalité virtuelle, etc.) ou encore "une presse gratuite pour tous les âges et toutes les classes, partout et à la demande".

Pour y voir un peu plus clair, nous avons interrogé Augustin, 22 ans, étudiant en communication à la HELHA concernant sa propre vision du "média idéal".

"La condition des journalistes me bouleverse", nous affirme le jeune homme. "Je pense que l’on doit remettre l’humain au centre. La technologie améliore nos vies dans différents domaines, c’est un fait, mais dans l’hypothèse où il y aurait un crash technologique, il serait préférable d’alimenter des débats publics plutôt que d’instaurer un média bien défini. Je pense que cela pourrait intéresser une large partie de la population qui s’approprierait l’information. Il est indispensable que le peuple puisse prendre le contrôle pour une transparence totale."

 

Aurélie Bronckaers