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Louvain-la-Neuve : la "petite maison du lac" occupée par un collectif jusque jeudi

Certains l’appellent "la petite maison du lac".

Cette ancienne maison des jeunes, située dans le quartier des Bruyères, en bordure du lac de Louvain-la-Neuve, est désaffectée depuis plusieurs années. Le bâtiment, aujourd’hui couvert de tags, appartient à l’UCLouvain. L’université a déjà eu plusieurs projets pour cette maison, qui ne se sont jamais concrétisés, mais aujourd’hui "un nouveau projet est en cours", nous dit-on du côté des autorités académiques. Ils ont indiqué vouloir rester dans les lieux au moins jusqu'à jeudi, jour prévu pour ouvrir des discussions avec les autorités universitaires.

Un "centre culturel et social autogéré"

Depuis ce lundi soir, un collectif composé d’étudiants, de jeunes travailleurs sans emploi et d’habitants de Louvain-la-Neuve, baptisé "Maison blanche" a décidé d’occuper les lieux sans autorisation. Ils veulent faire de cette maison un centre culturel et social "autogéré" et y organiser diverses activités accessibles à tous : débats, ateliers de lecture, d’écriture, de cuisine, projections de films… "La plupart des lieux qui organisent ce genre d’activités à Louvain-la-Neuve ont une entrée payante, déplore Camille (prénom d’emprunt), un des membres du collectif. C’est un problème pour nous que la culture devienne une marchandise et que tout le monde ne puisse pas accéder aux lieux de rencontre et de débat démocratique". Une première activité, un pique-nique et un atelier pour fabriquer des banderoles, a eu lieu mardi après-midi et a réuni une quinzaine de sympathisants.

Le dialogue n’est pas rompu

De son côté, l’UCLouvain répond que la gratuité pour les activités culturelles pour les étudiants est effective depuis cette rentrée académique, avec la nouvelle carte culture. Elle regrette aussi la méthode choisie par les occupants des lieux : mettre l’université devant le fait accompli plutôt que de s’asseoir autour d’une table pour discuter. "Si on était d’abord entré en négociation, nous risquions que l’université nous demande de payer un bail, d’attendre que des travaux soient faits…, rétorque Camille. Ils nous disent que la maison est insalubre et veulent nous faire sortir pour négocier. Mais pour nous, s’il faut négocier, c’est dans le bâtiment". Le dialogue n’est pas rompu pour autant : une proposition de dialogue a été envoyée par mail aux occupants, après une intervention de la police lundi soir.

Les jeunes occupants, qui se disaient lundi prêts à entamer eux-mêmes des rénovations, ont repeint mardi une partie de la façade de la maison, auparavant couverte de graffitis.  "Ils avaient annoncé qu'ils pourraient travailler dans cette maison et ils ont fait ce qu'ils avaient dit: ils ont repeint la façade en blanc ce mardi. Il n'y a pas encore eu de véritables discussions avec les autorités universitaires mais plutôt des contacts avec la police et le service chargé de la sécurité des bâtiments. Les occupants craignaient d'être délogés: ce n'est pas le cas pour l'instant et ils ont décidé de rester au moins jusqu'à jeudi, le jour prévu pour des négociations avec l'UCLouvain", indique mardi soir Julien Scharpe, riverain et membre du collectif Maison Blanche.

Pour leur part, six associations du Brabant wallon, actives dans le secteur de l'éducation permanente, ont indiqué leur soutien aux occupants. "Nous encourageons l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, propriétaire du lieu, à mettre en œuvre de façon proactive et concertée et ce, avec toutes ses composantes, les services qu’elle est invitée, par décret, à rendre à la société. Au même titre que l’enseignement et la recherche", disent le M.O.C, le P.A.C, les Equipes Populaires, Lire & Ecrire, Corps écrits et le CESEP dans un communiqué.
 

 

Stéphanie Vandreck avec agences

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