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Le cabinet d'architecture ASSAR choisi pour imaginer la nouvelle Clinique Saint-Pierre à Wavre

Le conseil d’administration de la Clinique Saint-Pierre d'Ottignies a tranché.

Il a choisi le cabinet d’architecture ASSAR, associé aux bureaux d’ingénieurs Greisch et Ingenium, pour développer le projet de nouvel hôpital à Wavre, sur un terrain situé au croisement de la E411 et de la N25.

ASSAR est un poids lourd du secteur. Dans le milieu des soins de santé, on lui doit notamment le Chirec Delta à Bruxelles et la nouvelle clinique CHC Montlégia à Liège. ASSAR avait aussi dessiné la nouvelle aile administrative de la clinique Saint-Pierre d’Ottignies, inaugurée en septembre 2017.

Chaque projet est un prototype

Cette expérience est évidemment un atout. Mais le CEO d’ASSAR Architects l’assure, la future Clinique Saint-Pierre (75.000 m²) ne sera pas un copier-coller de ses précédentes réalisations.

"Chaque projet est unique, explique Renaud Chevalier. Dans notre métier, on a l’habitude de ne faire que des prototypes. On n’est pas dans l’industrie où une fois qu’on met quelque chose au point, on le répète encore et encore. Donc ce projet-ci est bien entendu différent des autres, à plein de points de vue: le client, le site et le programme. On utilise évidemment le savoir-faire qu’on développe au fur et à mesure des années, mais la mise en pratique est chaque fois différente."

Pour ASSAR, le travail commencera véritablement début mars. "Et on repart d’une page blanche", explique Philippe Pierre, directeur médical et coordinateur de la Clinique Saint-Pierre.

"On commence en effet par une année d’étude avec beaucoup d’interviews, de réflexion, de discussion, poursuit Renaud Chevalier. Nous avons pour philosophie de ne pas nous ruer trop rapidement sur nos planches à dessin. Nous essayons d’abord de bien comprendre quels sont les besoins de l’hôpital, comment répondre au mieux au défi des soins de santé dans les années et les décennies à venir avant de commencer à dessiner."

As late as possible

Et ce travail est effectivement crucial, car c’est l’hôpital du futur qu’il faut imaginer dès à présent. Vu la hauteur de l’investissement (quelque 350 millions d’euros), il ne faut pas se tromper. Pour réussir ce pari, un mot d’ordre s’impose déjà: la flexibilité. Bien intégré au paysage, le bâtiment devra pouvoir évoluer au fil du temps, pour répondre aux besoins à venir et au progrès des connaissances médicales et des technologies.

"Pour le Chirec par exemple, on a continué à faire le design de l’hôpital pendant les travaux, explique explique Willy Azou, l’un des architectes de la maison ASSAR. On a inventé un processus décisionnel qu’on a appelé ALAP, as late as possible. Tout le monde connaît l’expression ASAP, as soon as possible, qui rassure tous les responsables de plannings. Nous, on dit le contraire. Il faut prendre les décisions as late as possible pour ne pas être dépassés quand on ouvre l’hôpital. Il faut pouvoir modifier les choses jusqu’au bout. Notre ambition n’est pas du tout de remettre un bâtiment clé sur porte et de dire qu’il ne va pas changer pendant cinquante ans."

C’est un travail de longue haleine qui s’annonce. Si tout se déroule comme prévu, la construction de la nouvelle clinique commencera en 2023 et devrait durer cinq ans.

"Une telle opération crée un nombre incroyable de relations humaines pendant ces huit à dix ans, se réjouit Willy Azou. C'est ce qui nous fait plaisir, c'est qu'il n'y a pas que des briques à mettre les unes sur les autres. Et si ça se passe bien, ça devient miraculeux, même avec toutes les difficultés et le stress qu'un tel projet amène."

Hugues Van Peel

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