La Hulpe 1310

Effets spéciaux: à quoi ressembleront les films de demain?

Vous l’avez sans doute vu cet été avec le Roi Lion ou encore dans un film de science-fiction.

Aujourd’hui, les effets spéciaux et l’animation 3D se développent de plus en plus et offrent des résultats impressionnants. Mais quelles sont les limites de cette technologie? Quelle place joue la technologie dans le cinéma ? Tentative de réponse dans deux sociétés de productions belges, l'une à La Hulpe, l'autre à Liège.

 

Si ce château de Versailles vous parait réel… détrompez-vous. Recréer un bâtiment d’époque, un décor fantastique ou encore une explosion… c'est le travail de Benuts, société de productions à La Hulpe. Ici, tout est possible grâce aux ordinateurs. "On peut intégrer ce que l'on veut, explique Olivier Sipesaque, infographiste chez Benuts. Ca peut être un château, une voiture, un animal. Il n'y a plus de limites. On peut tout faire."

Au fil des années, ces effets deviennent de plus en plus réalistes grâce aux infographistes qui s’adaptent aux nouveaux logiciels. "Les nouvelles technologies évoluent très vite et constamment, ajoute Frédéric Vanmeerbeeck, un autre infographiste chez Benuts. Quand on réalise un effet, il ne sera jamais le même que celui réalisé six mois ou un an plus tôt. C'est à nous à nous former en permanence, à être plus performant et à augmenter la qualité."

Si tout ça est possible, c'est grâce à la troisième dimension. La 2D, elle, permet de modifier l'image en ajoutant par exemple de la foule ou en changeant le paysage. Un gain de temps et d’argent pour les réalisateurs. "Si on doit créer une manifestation ou placer des centaines de personnes à un endroit bien précis, ça revient moins cher à réaliser avec des effets visuels que de chercher des centaines des figurants. 

" La majorité des choses que l'on réalise sont les effets invisibles, continue Frédéric Vanmeerbeeck. Par exemple, nettoyer un câble d'un acteur dans une cascade." Les effets spéciaux sont aujourd’hui indispensables pour le cinéma que ce soit pour la science-fiction, les comédies françaises ou encore les dessin-animés.

Rien n'est réel

Chez Digital graphics, à Liège, on crée tout de A à Z sur ordinateur. "On part de rien, commence Thierry Tirtiaux, directeur de productions. On crée tout un environnement en 3D avec des personnages, des objets, de la lumière, des décors etc. On peut pousser cela très très loin."

Exemple avec le Roi Lion. "Dans sa dernière version, on arrive à modéliser des objets très complexes avec des détails tellement poussés qu'on croit qu'ils sont vrais. On arrive à leur donner une texture, c'est-à-dire des couleurs, des reflets, des poils qui bougent… tout paraît réel. On arrive à les animer en leur donnant des mouvements plausibles." 

Sky is the limit

Mais le septième art a-t-il atteint ses limites ? Pour les infographistes, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. "Tout évolue toujours. On croit qu'on a atteint une limite et puis quelque chose de nouveau sort, répond Thierry Tirtiaux. Peut-être qu'un jour, on n'aura plus d'acteurs et uniquement de la modélisation, ce que nous utilisons en permanence dans nos dessins animés." On pourrait ainsi imaginer une biographie d'un personnage décédé créé sur base des images filmées de son vivant. 

"On est au début d'un immense travail dans tout ce domaine. C'est fascinant!", sourit Olivier Sipesaque à La Hulpe. 

Prochaine étape: la création des effets spéciaux en temps réel sur le plateau de tournage. 

Laura Jadot

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