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"Les médias, le monde et moi", l'envers du décor du journalisme

Le 24 avril prochain, sera diffusé au Grignoux le documentaire réalisé par Anne-Sophie Novel et Flo Laval qui revient sur de nombreuses questions concernant l’univers du journalisme. À l’heure des nombreuses fake news dissimulées dans les médias, le public ne se sent plus concerné par l’actualité ou alors, se méfie des journalistes. Anne-Sophie Novel est allée à la rencontre des lecteurs et des journalistes prêts à bouger pour le changement. Le résultat est à découvrir dans le film "Les médias, le monde et moi".

Docteure en économie et journaliste free-lance française, Anne-Sophie Novel partage à l’aide de son documentaire son expérience de journaliste et répond à des questions importantes concernant l’univers médiatique actuel.

"Comment sont perçus les journalistes ?", "D’où vient cette haine envers les journalistes ?", "Comment les journalistes peuvent-ils contrebalancer cette opinion ?" et "Quelles sont les solutions à envisager ?".

Dans "Les médias, le monde et moi", Anne-Sophie Novel ne répondra pas à ces questions mais invitera de nombreux lecteurs et journalistes à apporter leurs idées et leurs opinions.

Vivre Ici a découvert son film et vous apporte quelques éléments de réponses.

La presse actuelle ? "C’est le foutoir !"

Derrière et devant la caméra, Anne Sophie Novel invite le téléspectateur à suivre son aventure, sa quête de réponses. Elle est allée en rue pour trouver les réponses.

"Faites-vous confiance aux journalistes ?" demande-t-elle à un passant. L’homme lui répond que "oui". La journaliste continue : "Comment vous sentez-vous avec les infos qui nous arrivent, avec la radio, internet, etc. ?". Le passant lui répond en riant que "c’est le foutoir".

Voilà un point parmi tant d’autres qui sont abordés dans ce documentaire à la réalité frappante.

En interrogeant une jeune femme, Anne-Sophie Novel déterre, sans surprise, la malveillance envers les fake news : "La moitié de ce qu’on nous raconte est faux ou mal dit, notre jugement est dévié".

En voix-off et sur base d’infographies colorées et attractives, la réalisatrice confirme qu’"en 2018, 6 personnes sur 10 dans le monde ne font pas confiance aux médias. Que deux tiers des Français pensent que les journalistes sont manipulés par les pouvoirs politiques et économiques et que 60% des personnes qui s’informent redoutent de tomber sur une fausse information."

Rencontres en série

Des États-Unis au Danemark, en passant par la France et le Royaume-Uni, Anne Sophie Novel échange avec plusieurs journalistes et lecteurs.

La réalisatrice se pose d'abord au Royaume-Uni et rencontre Jodie Jackson, autrice du livre "You are what you read". La jeune femme, qui aime s’informer, a connu une surdose médiatique : "J’en suis arrivée au point où je ne pouvais plus supporter une seule information supplémentaire. Il ne faut pas arrêter de s’informer mais consommer la presse autrement".

Mais alors, comment prévenir de ce surplus ?

Si vous ne le saviez pas encore, il existe des méthodes alternatives à cette presse de la rapidité. Comme l'explique Anne-Sophie, le slow journalisme est "une presse différente qui parle du monde en long et en large. Sans publicité, elle a trouvé un public qui aime son authenticité et sa manière de fouiller. Une presse qui se veut désirable et nécessaire".

Pour en savoir plus, la journaliste réunit plusieurs de ses collègues pour connaître leur ressenti. Tous arrivent à se mettre d’accord concernant cette "course à la rapidité qui entraîne de fausses informations, voire même des erreurs". Ils ajoutent même que "le média prend le pas sur le journaliste".

Le changement, c’est pour maintenant

Un média peut-il se réinventer ? Anne Sophie Novel rencontre dans son film Damien Allemand, responsable digital de Nice Matin. Celui-ci lui explique le cheminement de pensée qu’il a eu avec ses collègues pour renouveler leur manière d’informer le lecteur.

"En 2014, le journal a connu une perte de chiffres d’affaires. Pour survivre, les salariés ont proposé de le reprendre avec un modèle coopératif et ont demandé aux lecteurs de les soutenir dans leurs démarches." C’est un véritable succès puisque 4000 personnes ont répondu à la demande !

Avec ce constat, plusieurs questions surgissent : "Pourquoi le lecteur payerait-il l’information alors qu’il peut l’avoir ailleurs gratuitement ?" et "Comment positionner le lecteur au sein de la rédaction ?".

Damien Allemand, pour qui la presse locale est "un terrain d’expérimentation", explique face caméra les méthodes utilisées par son journal : "Le lecteur choisit la thématique qui sera traitée. Par exemple, il y a peu de temps, nous avons fait un numéro concernant la cohabitation homme-loup, un sujet présent dans la région. Nous associons les lecteurs à la construction de l’enquête."

A priori, cette stratégie marche puisque plusieurs lecteurs approuvent cette approche. Anne-Sophie Novel les a questionnés, et leurs réponses sont satisfaisantes. "Nice Matin s’est rapproché de moi. Avant, c’était le journal du coin et puis basta. Maintenant, Nice Matin c’est un peu comme la famille et on peut lui pardonner ses défauts."

Impliquer le lecteur est-elle la solution pour reconquérir le public ? Vous trouverez peut-être la réponse le 24 avril au Grignoux.

Aurélie Bronckaers