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Taxe kilométrique : Bruxelles ne baisse pas les bras, malgré le "non" wallon

En ce début de la semaine de la mobilité axée cette année sur la qualité de l’air, la nouvelle ministre bruxelloise en charge à Bruxelles a répété ses intentions : améliorer la qualité de l’air et donc faire baisser la pression automobile dans la capitale.

Oui, mais comment ? C’est la question qui fait débat ce lundi dans Soir Première. Pour y répondre, Arnaud Ruyssen recevait Elke Van Den Brandt (Groen) et Lorenzo Stefani, porte-parole de l’association Touring.

Bruxelles va changer de visage

La mauvaise qualité de l’air causerait au moins 12.000 décès prématurés chaque année en Belgique, selon l’Agence européenne de l’Environnement. Et parmi les principales sources de pollution de l’air : la voiture et ses émissions de particules fines et de dioxyde d’azote. La limitation de l’usage des véhicules dans la capitale figure en priorité du plan "good move" du gouvernement bruxellois, qui définit les grands objectifs à atteindre en matière de mobilité d’ici 2030.

D’ici là, prévoit Elke Van Den Brandt, le visage de Bruxelles va changer. "On va voir les cyclistes et les piétons prendre plus de place, surtout dans les quartiers où les gens habitent […] Le "mindset" bruxellois est en train de changer, il n’y a plus aujourd’hui la volonté d’être propriétaire de son véhicule. On va augmenter l’offre de transports en commun évidemment, les technologies vont nous aider, nous sommes à un momentum pour faire ce changement".

Quel phasage ?

Lorenzo Stefani reconnaît que nous sommes, en matière de mobilité, à un tournant, mais il pointe un problème de phasage. "Si on décide de réduire les bandes de la rue de la Loi par exemple, il faudra tenir compte des livraisons […] et calculer la capacité d’absorption des véhicules au carrefour Arts-Lois. C’est tout cela qui doit être étudié, des tests doivent être faits, mais le phasage est très important : il faut d’abord développer des alternatives", notamment en matière de moyens de transport intégrés.

Il faut sortir d’une logique d’affrontement entre les différents modes de transport, poursuit la ministre bruxelloise : "On a tous le même objectif : avoir une vie plus fluide, agréable, conviviale […] Si 20% des automobilistes qui circulent à Bruxelles quittent leur voiture pour un autre moyen, ça va déjà résoudre les embouteillages".

J’ai téléphoné à Philippe Henry

Concernant la taxation kilométrique, Elke Van Den Brandt continue de croire en une solution concertée avec les deux autres régions du pays, malgré que le coprésident des Verts, Jean-Marc Nollet, ait recalé ce week-end l’idée d’une taxe kilométrique pour la Wallonie. Elle affirme d’ailleurs avoir contacté à ce propos son homologue à la Région wallonne, Philippe Henry. "Je reste optimiste et je vais chercher des solutions avec les autres régions", assure-t-elle. Le porte-parole de l’association Touring lui préfère le nom de "taxe intelligente" et préconise une "commission fédérale de la mobilité" pour que les trois régions du pays se mettent – enfin – sur la même longueur d’ondes.

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face-à-face sur une question d’actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h en télé sur La Trois.

Catherine Tonero

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