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Une première en Belgique : une formation de vétérinaire urgentiste

Tirer des fléchettes hypodermiques à l’aide d’un fusil à pression, voici l’une des techniques à maîtriser pour devenir vétérinaire urgentiste.

Cette formation proposée par l’ULg est une première en Belgique. Elle vient compléter la formation des vétérinaires. L’objectif est de leur donner les outils pour intervenir en situation d’urgence en appui des services de pompiers.

"Ces techniques particulières, on ne les aborde pas au cours de nos études. Nous avons déjà beaucoup de choses à apprendre. Pourtant, c’est clairement utile dans certaines situations, que ce soit pour des bovins ou des animaux exotiques", explique Alice Miot, vétérinaire, participante à la formation.

Une bonne maîtrise nécessaire pour le bien-être animal

La formation dure près de 6 mois à raison de 2 jours par mois. Une formation théorique et pratique qui aborde également les différentes techniques de capture d’animaux.

"Les vétérinaires n’ont pas la formation suffisante pour intervenir dans des situations d’urgence avec les services des pompiers. Et sans une bonne maîtrise des techniques, cela pourrait aller à l’encontre du bien-être de l’animal", souligne le docteur Florence Ollivet Courtois, Lieutenant-colonnel des sapeurs pompiers vétérinaires en France.

Grande échelle, rappel, désincarcération...

Et pour obtenir ce diplôme de vétérinaire urgentiste, il faut connaître la manière dont les sapeurs pompiers travaillent. La vingtaine de vétérinaires en formation découvrent donc la grande échelle, le rappel ou encore la désincarcération. Les vétérinaires apprennent également à se mouvoir avec l’équipement des pompiers.

Bien entendu, les pompiers ont une formation de base pour intervenir sur des animaux, mais, bien souvent, la présence du vétérinaire s’avère indispensable.

"Nous sommes pompiers et pas vétérinaires. Quand il s'agit d'intervenir sur les animaux, on fait ce qu’on peut. C’est essentiel de pouvoir compter sur leurs compétences et, nous, on les encadre au mieux en termes d’analyse de risque et d’équipement pour que l’intervention soit une réussite", précise le sergent Laurent Lombard, formateur à la zone de secours NAGE.

Se comprendre

Le but de cette formation n’est absolument pas de faire de ces vétérinaires des pompiers, explique Hugues Guyot, responsable de la formation de vétérinaire urgentiste. , 

"Nous essayons de donner aux vétérinaires les connaissances pour pouvoir intervenir avec les pompiers, souligne-t-il. Il faut qu’ils puissent se comprendre, qu’ils sachent où est la zone de danger dans telle ou telle situation. Il faut qu’ils comprennent les différentes procédures et les ordres, car le vétérinaire amené à intervenir en situation d’urgence restera toujours sous les ordres du responsable des pompiers."

Jusqu’à présent, pour les zones de secours, c’était souvent le règne de la débrouille avec des vétérinaires pas toujours aptes ni équipés. Avec cette première promotion de vétérinaire urgentiste, c’est l’assurance pour les services de pompiers de pouvoir compter sur un vétérinaire formé.

Hugues Angot

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