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Covid-19: les classes d’école en quarantaine restent pour l’instant extrêmement minoritaires

Bx1 a contacté 14 communes de la capitale pour évaluer le nombre de classes d’école en quarantaine par mesure de précaution.

Verdict: la situation reste actuellement sous contrôle.

La mise en quarantaine de classes d’école pour cause de Covid-19 a fait, ces derniers jours, la une de l’actualité. C’est notamment le cas de 210 enfants de maternelles à Ixelles écartés cette semaine après deux cas de Covid-19. BX1 a contacté 14 communes pour faire le point sur la situation dans leurs écoles. Comme pouvoir organisateur, chaque entité gère en effet un certain nombre d’établissements. Non exhaustives, les informations récoltées donne toutefois des indices sur la situation globale dans la capitale.

Quelles sont les règles d’abord ? Pour la ministre de l’Enseignement, Caroline Désir (PS), la mise en quarantaine automatique d’une classe entière n’est prévue que dans un seul cas : en maternelle, lorsque l’enseignant ou l’encadrant est testé positif. “C’est parce que les enfants de maternelle sont trop petits pour respecter les distances physiques et il ne faut évidemment pas la leur imposer. Les encadrants pourraient par exemple très bien les avoir pris dans les bras”, explique Romain de Reusme (PS), échevin ixellois de l’Instruction publique.

Un autre scénario peut mener à la mise en quarantaine d’une classe. Pas de manière automatique cette fois. En maternelle, en primaire et en secondaire, la fermeture d’une classe peut être décidée lorsque la classe comporte deux cas positifs avérés au Covid-19 endéans les 14 jours. Pour l’instant, dans l’ensemble des 12 communes contactées, chaque classe concernée par deux cas a été placée en quarantaine. “On prend le risque zéro”, expliquent tous les échevins de l’Enseignement.

Six communes sur 14 avec des classes en quarantaine

Au moins six entités bruxelloises ont eu, jusqu’à présent, recours au procédé. Plusieurs cas étaient déjà connus: Ixelles (210 enfants de deux écoles maternelles des écoles 7 et 8), Bruxelles-ville (l’école néerlandophone T Klavertje Vier) et Anderlecht (une classe de rhéto à l’Institut Marius Renard). Il apparaît désormais qu’Evere, Saint-Gilles et Jette sont également concernées.

Il s’agit de deux classes de maternelle dans la première citée, de sept dans la seconde. “Il y a une classe en secondaire et sept en maternelle, On a eu un logopède qui s’est révélé positif et on a donc pris des mesures”, explique l’échevin saint-gillois de l’Enseignement Jean Spinette (PS). Du côté de Jette, seul l’enseignement néerlandophone est concerné. “Il s’agit d’une classe à l’école Van Asbroeck et de plusieurs classes à celle du Poelbos”, indique l’édile jettoise compétente Nathalie De Swaef (Ecolo-Groen).

Les communes du Canal actuellement épargnées

À très forte densité de population, les grandes communes qui bordent le Canal restent pour l’heure épargnées. Molenbeek (100.000 habitants) et Schaerbeek (130.000) n’ont aucune classe en quarantaine. À Anderlecht (120.000), le procédé concerne une seule classe de rhéto. À Bruxelles-ville (185.000), aucune classe n’est concernée du côté francophone.

“Je pense qu’on a eu un élève déclaré positif en secondaire, sinon rien à signaler. Et on a, depuis début septembre, moins d’une quinzaine d’enseignants sur 3 à 4.000 en certificat de quarantaine. En raison par exemple d’un retour de vacances”, explique le cabinet de l’échevine bruxelloise de l’Instruction publique Faouzia Hariche (PS).

La liste des communes qui n’ont actuellement pas placé de classe en quarantaine s’avère plus longue. S’y rajoutent en effet Saint-Josse, Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre, Forest et Berchem-Sainte-Agathe. “Il n’y a pas de classe en quarantaine”, indique l’échevin tennoodois de l’Instruction publique, Philippe Boïketé. Même son de cloche dans toutes ces entités.

Toutes les inquiètudes ne sont pas dissipées

La situation s’avère, pour l’instant, globalement sous contrôle. Un constat positif en soi, mais le simple fait de s’en réjouir est significatif. Après tout, nous ne sommes jamais que deux semaines après la rentrée scolaire et deux cas en 15 jours suffisent pour placer une classe entière en quarantaine.

Or, en plus de perturber la scolarité des élèves, une telle situation met en difficulté certains parents. L’échevin ixellois Romain de Reusme explique: “Il n’est pas possible de mettre ces enfants à la garderie, puisqu’il s’agit de les isoler les uns les autres. Il appartient aux parents de trouver une solution. Et on sait que c’est extrêmement difficile et inconfortable, car on leur apprend la nouvelle du jour au lendemain. Il faut directement s’organiser en quelques heures”.

En plus d’avoir pris une série de mesures de précaution, tous les échevins concernés croisent donc les doigts. “On touche du bois”, concluent plusieurs d’entre eux.

J. Th. – Photo: Ixelles

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