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Le Gracq réagit au Masterplan "stationnement vélo" de la Région bruxelloise : "zéro engagement de la part du gouvernement"

Attendu par les cyclistes, le masterplan déçoit pour le Gracq et Fietsersbond.

Le nombre d’adeptes du vélo a été boosté par la crise sanitaire, tout comme la demande en stationnement vélo sécurisé. Une demande bien légitime, quand on sait que les chiffres officiels du vol de vélos en région bruxelloise ne cessent de grimper : en 2019, 4.182 vols de vélo ont été déclarés, soit une hausse de près de 10% par rapport à l'année précédente. Certains assureurs refusent désormais d'assurer à Bruxelles les vélos qui ne seraient pas stationnés dans un endroit fermé à clé.

Alors, le GRACQ et le Fietsersbond réclamaient la création de 10.000 emplacements sécurisés sous cette législature. Car le nombre de demandes introduites atteint déjà les 8.000 emplacements. Un chiffre largement supérieur aux 3.460 places existantes.

Un master plan qui établit les besoins en stationnement vélo

Du côté du gouvernement, on avance. Un master plan a établi les besoins en stationnement vélo, et plus spécifiquement en stationnement sécurisé. Le but, augmenter significativement l'utilisation du vélo à Bruxelles, dans la droite ligne des objectifs "mobilité" du plan Good Move. Le Masterplan s'assortit également d'un plan d'actions à dix ans, dont l'intérêt majeur est de fixer des objectifs chiffrés au niveau du développement de l'offre en stationnement : notamment quelque 20.000 emplacements sécurisés au niveau des gares, métros et autres arrêts de transports publics et 15.000 emplacements sécurisés sur l'espace public.

>>> Lire aussi : Un plan pour plus de parkings vélos à Bruxelles

Pas d'objectifs chiffrés, zéro budget

Alors que le gouvernement bruxellois vient d'approuver ce Masterplan "stationnement vélo", les associations d'usagers cyclistes GRACQ et Fietsersbond ont rapidement déchanté. Ce qui pose problème, c'est que le document signé ne reprend pas les objectifs chiffrés.

Pour eux, le plan d'actions s'est mué en une "vision stratégique 2021-2030", sans chiffre et sans budget. Un budget, évalué à 8 millions par an, sans doute trop gros pour le gouvernement. "En adoptant un plan d'actions expurgé de tout objectif chiffré et sans aucun budget associé, le gouvernement se contente d'avaliser un catalogue de bonnes intentions" explique Florine Cuignet, chargée de politique bruxelloise au Gracq.

Et d'ajouter : "On a donc aucune garantie pour la suite. Ce qu'on craint, c'est que le gouvernement qui n'ait pas avalisé ces chiffres, c'est qu'on ne parvienne pas à ce qui est prévu dans ce master plan. On a l'intention, mais on ne prend pas d'engagement."

Dans de telles conditions, on comprend mal comment les autorités bruxelloises espèrent convaincre un maximum d'usagers à utiliser le vélo pour leurs déplacements : la peur de se faire voler son vélo constitue en effet un obstacle à la mise en selle pour 64% des Bruxellois(es).