Ganshoren 1083

Quelle solution lorsque le coronavirus s’invite sur les scènes de théâtre ? L’histoire d’un collectif bruxellois

Alors que le monde culturel tente une difficile reprise, les artistes font aussi face à des contaminations au Covid-19. Au-delà des risques financiers liés à la fréquentation ou la peur d’une contamination (malgré les mesures sanitaires mises en place), dans le cas où des artistes se trouvent être positifs, c’est toute la représentation qui est compromise.           

Si des personnes du public se trouvent être infectées, elles ne doivent simplement pas se présenter à la représentation. Hors, si la représentation est annulée par des infections au sein des acteurs, c’est le public, les artistes et l’organisation qui sont mis à mal. Cette situation est arrivée pour la pièce In solidum qui devait se jouer durant trois semaines au Théâtre de Poche à Bruxelles.

Lors de la semaine de répétition au théâtre, l’un des acteurs tombe malade… Le résultat de son test Covid étant positif, c’est tout le collectif qui a dû se faire tester. Finalement, c’est quatre personnes du collectif qui sont infectées.

Le cadre légal belge oblige les personnes ayant eu des contacts avec des personnes positives, à rester en quarantaine (quatorzaine). Même si un premier test s’avère négatif, un second durant la période d’incubation pourra se révéler positif. C’est ce qui est arrivé à l’un des acteurs de In solidum, Léopold Terlinden : "Dès que nous avons appris que l’un de nous était positif, chacun a respecté la quarantaine légale, et nous avons informé le Théâtre de Poche. Comme mon second test est positif, c’est déjà un soulagement que d’être bien resté isolé durant ce temps d’incubation".

Contactée par la RTBF, l'institution située au Bois de la Cambre ne souhaite pas faire de commentaire sur des situations comme celle-ci. Avec déjà 30% de perte de sa fréquentation depuis la reprise, cela met le théâtre financièrement en danger. "Nous sommes en très bons termes avec le Poche, ce qui, confie Léopold, nous a permis d’avoir rapidement la confirmation que nous y jouerons trois semaines en 2021 et dans une période propice à un beau taux de remplissage de la salle : avec notamment des représentations scolaires, etc."

Nous avons eu de la chance dans notre malchance"

Le théâtre a comblé son agenda avec une autre pièce, mais difficile pour les acteurs de retrouver autre chose à la sortie de leur quarantaine. "Les projets théâtraux sont prévus longtemps en avance, donc pour nous, lorsqu’une pièce tombe à l’eau dans un endroit c’est difficile de retrouver une autre scène. Heureusement que nous sommes tous investis dans RAVIE ASBL qui organise un festival de théâtre à Anderlecht les 3 et 4 octobre", explique le jeune acteur.

Ils ont travaillé trois ans sur cette création, alors voir disparaître la première représentation tant attendue fut difficile à encaisser : "On a bataillé pour être sélectionné dans la saison du Théâtre de Poche, alors, devoir annuler, ça fait mal. Dans notre malchance, nous avons tout de même de la chance, car le report devrait se révéler bénéfique en termes de fréquentation. De plus, nous avions déjà programmé plusieurs dates futures de In solidum, c’est motivant d’avoir toujours quelque chose sous la main. Et à court terme, il nous reste toujours du travail dans l’organisation du festival RAVIEVERSAIRE début octobre. Certes c’est bénévole, mais c’est mieux que rien".

Le collectif In solidum attend impatiemment de monter sur scène à Gembloux en octobre, à Namur en janvier et à Lessines en février, en espérant ne pas se retrouver à nouveau écartés par le coronavirus.

Clément Larue

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