Berchem-Sainte-Agathe 1082

Les carnavals à Bruxelles, une tradition très récente à l'exception de celui de Schaerbeek

Carnaval d’Alost, Carnaval de Binche, Carnaval de Malmedy, le célèbre Cwarmê qui en est à 562e édition… La saison des réjouissances carnavalesques débute cette semaine, avec ces rendez-vous hauts en couleur, parfois polémiques, mais en tout cas totalement ancrés dans le folklore et l’histoire des différentes localités.

Carnaval d’Alost, Carnaval de Binche, Carnaval de Malmedy, le célèbre Cwarmê qui en est à 562e édition… La saison des réjouissances carnavalesques débute cette semaine, avec ces rendez-vous hauts en couleur, parfois polémiques, mais en tout cas totalement ancrés dans le folklore et l’histoire des différentes localités. Ce n’est pas encore Carême, le mardi gras approche et l’heure est au relâchement. Viendront ensuite Nivelles, Stavelot, Andenne, Fosses-la-Ville… Certains affichent un âge très avancé comme le Laetare de Stavelot qui en sera à sa 518e édition en mars. D’autres sont plus récents comme le Carnaval des Ours à Andenne qui n’existe que depuis 1955. En tout cas, la tradition carnavalesque est d’abord wallonne, flamande et plutôt rurale.

En Région de Bruxelles-Capitale, par contre, la tradition carnavalesque est plus récente et moins ancrée. Les raisons ne sont pas claires mais le contexte ultra-urbain est certainement à mettre dans la balance. Le carnaval est associé au calendrier chrétien et la pratique religieuse se perd en ville. Les vacances de "carnaval" constitue une période de rupture avec les contingences professionnelles mais semble avoir moins d’influence sur les pratiques carnavalesques dans le centre du pays. Ajoutez à cela des flux migratoires liés à la position centrale de Bruxelles et son rôle de multi-capitales. Difficile, pour toutes ces raisons, de susciter et de raviver des rendez-vous carnavalesques.

Saint-Gilles

Les confettis, les déguisements et chars sont toutefois de sortie dans la capitale à des intervalles irréguliers. Avec ses 22 éditions, le carnaval de Saint-Gilles, qui se tient le 29 février à 14 h, tient de l’animation de quartiers et ne pèse pas lourd face aux cinq siècles du Laetare de Stavelot et ses Blancs Moussis. Mais il entend s’affirmer comme moment de rassemblement entre les générations et les communautés. "Le grand cortège déguisé […] invite tous les Saint-Gillois à déambuler dans les rues et à danser sous les confettis au son des rythmes effrénés des fanfares", indiquent les organisateurs. "Cette année, le cortège sera agrémenté par les groupes de percussion Terra Brasil et Matissa." L’initiative de ce carnaval émane de la commune, au travers de son ASBL paracommunale Ensemble pour 1060, dont le but est de créer de la cohésion sociale. Joie, déguisements et vivre-ensemble au rendez-vous.

Watermael-Boitsfort

Rendez-vous ensuite le 21 mars prochain pour le carnaval du Coin du Balai à Watermael-Boitsfort. C’est la vingtième édition. Une existence très récente mais qui n’est pas en reste. "Le Coin du Balai est un quartier particulier. C’est une sorte de village de "gaulois" construit à l’orée de la forêt de Soignes", rappelle le comité de quartier du Coin du Balai. "C’est un quartier où on pénètre pour y vivre -une heure, un jour, une vie- pas une agglomération qu’on traverse. D’ailleurs, il n’y a qu’une seule sortie carrossable. C’est un quartier qui s’invente en permanence. Des habitants prennent des initiatives en tous genres, parfois éphémères, parfois avec une longévité étonnante." Le carnaval du Coin du Balai est organisé par l’ASBL Mieke et Janneke et le comité de quartier. Mieke et Janneke sont les géants du quartier.

L’histoire du folklore au Coin du Balai est par contre plus ancienne avec les premières kermesses qui remontent à 1894. Mais le premier carnaval, modeste et sans géant sera, lui, organisé en 1996, afin de célébrer le début de printemps. Au programme : cortège, fanfare, danseurs et grand feu.

Quartier Nord

Dans le centre de Bruxelles, le 27 février aura lieu la Parade de Carnaval du Quartier Nord, le quartier de bureaux près de la gare du Nord. Au programme : brûlage de Monsieur Hiver, parade, spectacle de clowns… Ici, l’idée est de faire participer les enfants du quartier. Il s’agira de la troisième édition de cet événement. A la première édition, les organisateurs ont comptabilisé 500 participants.

Venise dans les Marolles

Le 29 février, c’est Venise à Bruxelles pour la 10e édition du carnaval des Marolles. "Cette année pour la dixième édition, le cortège se rendra à l’Hôtel de Ville en saluant Manneken-Pis et en parcourant les quartiers Saint Jacques et Grand-Place", expliquent les organisateurs. On parle d’une cinquantaine de participants déguisés comme à Venise. Le vrai carnaval de Venise a lui débuté le 15 février et se terminera ce 25 février.

Scharnaval

Et puis, il y a le carnaval de Schaerbeek, le 28 mars prochain, le plus ancien des 19 communes de la Région bruxelloise. Son origine remonte à 1903 et 2020 sera l’année de la 91e édition. Au départ, il s’agit d’une animation montée par un comité de commerçants. Le carnaval deviendra au fil du temps un rendez-vous incontournable auxquels participent également les habitants des communes voisines.

Celui qui se nomme désormais le Scharnaval, organisé 15 jours avant Pâques, connaîtra plusieurs interruptions : entre les deux guerres mondiales mais aussi entre 1978 et 1998. Raisons ? La cessation des activités de l’ASBL fondatrice mais aussi les grandes difficultés financières de la commune pendant le mayorat du très controversé Roger Nols. Le 28 mars 1998, le carnaval reprend ses droits avec une 69e édition.

Le Scharnaval, c’est un cortège long de deux kilomètres, plusieurs dizaines de chars (dont certains originaires de Wallonie et de Flandre), des centaines de participants, des milliers de spectateurs et un parcours qui part de la place Meiser au square Riga où est planté un arbre de joie. Schaerbeek a également son prince ou sa princesse carnaval depuis 1999. L’élection a lieu le 12 mars prochain.

Le carnaval de Schaerbeek est une véritable exception, au regard de la tradition carnavalesque en ville. C’est un indice comme un autre : c’est le seul répertorié dans la page Wikipedia des carnavals de Belgique.

Mais les moments de partage et de tradition ne manquent pas en Région bruxelloise, à d’autres moments de l’année, à l’image des marchés annuels d’Anderlecht et Jette à la fin de l’été et le Meyboom le 9 août dans le centre. Ici, il s’agit certainement de l’événement folklorique le plus ancien du calendrier bruxellois avec une 712e édition prévue en 2020.

Notons aussi l’Ommegang en juin. Sans oublier la Zinneke Parade qui se tient tous les deux ans dans les rues du centre-ville, au mois de mai. La Zinneke Parade est également récente : elle n’a que 20 ans. Mais ici aussi, on sort clairement du calendrier propre au carnaval, soit avant Pâques.

K. F.

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