Berchem-Sainte-Agathe 1082

En Belgique, le baseball s'appuie sur de solides bases

A vos marques, prêts, battez… puis courez de base en base !

 

En forçant à peine le trait, on pourrait ainsi résumer l’essence même du baseball, un sport explosif et spectaculaire à la fois, extrêmement populaire dans certaines régions bien distinctes du monde, notamment aux Etats-Unis, bien sûr, mais aussi à Cuba, au Japon, en Australie ou, plus près de chez nous, en Italie et aux Pays-Bas, deux des meilleures nations européennes actuelles.

45 millions de pratiquants

D’après un recensement assez récent, ils seraient ainsi 45 millions de manieurs de batte plus ou moins réguliers de par le monde, drainant avec eux les standards US de ce sport passionnant à décortiquer malgré une lisibilité initialement peu évidente pour le novice.

Trop peu médiatisé dans notre petit pays plus habitué aux codes du football, du cyclisme, du tennis ou du hockey sur gazon, le baseball s’appuie pourtant sur de solides bases tout en essayant malgré tout de se faire une place au soleil en offrant à ses adeptes un terrain d’expression très ouvert, où tous les gabarits sont acceptés et même souhaités.

Un sport culturellement différent où se rejoignent des passionnés de nationalités et d’origines différentes pour frapper la balle le plus vite, le plus haut et le plus fort possible, pour paraphraser la devise olympique chère au baron Pierre De Coubertin.

Importé par des marins japonais dans les années 20

Obtenant de plus en plus régulièrement des résultats intéressants en Europe à défaut d’être réellement significatifs à l’échelle mondiale, l’équipe masculine de Belgique pointe actuellement à la 26e place au classement mondial, la 8e du Vieux Continent. En softball (une version légèrement différente, davantage pratiquée par la gent féminine), son homologue féminine pointe elle à la 38e place, la 16e en Europe.

Sport olympique entre 1992 et 2008 – il n’a plus été repris à partir de 2012 mais réapparaitra au Japon en 2021…-, le baseball s’est implanté chez nous dans les années 20 via le port d’Anvers, où des marins japonais le pratiquaient à la Wilrijkse plein, suscitant la curiosité des badauds.

En 1923, un premier club y vit le jour, suivi rapidement d’autres, faisant de la cité portuaire le berceau de ce sport en Belgique.

Les Kangaroos, espèces uniques dans la capitale

Aujourd’hui encore, Anvers compte plusieurs clubs de pointe et fait figure de ville-référence en la matière alors qu’à Bruxelles, ce sport n’est arrivé qu’à la fin des années 80, grâce à des étudiants de l’ULB qui se réunissaient pour frapper la balle sur le campus.

Rapidement, l’idée de créer un club fit son petit bout de chemin et, en 1989, les Brussels Kangaroos étaient nés. " Aujourd’hui encore, malgré une tentative infructueuse d’un autre club voici quelques années, notre club est le seul de la capitale, avance fièrement son jeune président, David Nielsen. Le baseball est un sport qui est sous-représenté du côté francophone parce qu’il est surreprésenté dans la région d’Anvers. Malgré tout, il y a quelques bons clubs en Wallonie, à Mont-Saint-Guibert, Namur ou Liège notamment. "

Concrètement, on recense environ 4.000 membres, dont 2.900 actifs répartis dans les 44 clubs du Royaume : 30 sont issus de Flandre, 13 en Wallonie et un seul, donc, à Bruxelles. " Nous devons faire face à un gros problème au niveau des infrastructures, regrette toutefois notre interlocuteur, dont l’équipe évolue au stade Fallon, à Woluwé Saint-Lambert. Pour pratiquer ce sport, il y a des besoins spécifiques qui peuvent paraître banals aux Etats-Unis, où on trouve des terrains libres d’accès dans chaque quartier ou presque mais ici, il faut souvent bricoler avec les moyens du bord. Nous devons en théorie avoir un terrain avec un monticule pour le lanceur, des grillages pour éviter que la balle ne sorte derrière le batteur, des " dug-outs " (NDLR : sorte de cabanons en bois où prennent place les réservistes) autour du terrain mais aussi des trous pour y installer nos bases, qui doivent être éventuellement rétractables si nous partageons notre terrain avec des pratiquants d’autres sports comme le football, le rugby, la crosse ou le frisbee.

"Chez nous, faute de terrains ou de créneaux horaires suffisants, deux équipes doivent régulièrement se partager la même aire de jeu, avec ce que cela engendre comme risques (NDLR : de balles perdues notamment) ou, plus récemment avec la reprise, de la difficulté de respecter la distanciation sociale. "

Toujours en quête de nouveaux membres, le baseball en Belgique séduit de plus en plus, notamment auprès des dames (" chez nous, elles doivent être une trentaine de pourcents ", juge David Nielsen) et des jeunes, qui peuvent y trouver un terrain d’expression idéal pour développer leurs qualités physiques, tactiques et techniques dans un esprit de franche camaraderie.

Vincent JOSÉPHY