Molenbeek-Saint-Jean 1080

"Si ce n'est toi, c'est donc ton frère": Hassan Rahali a son nom et sa photo sur les affiches, mais n'est pas candidat

Au départ, nous avions cru déceler une anomalie : la présence sur la liste Act-Salem, dans le rôle linguistique francophone, d'un candidat, Hassan Rahali, ayant figuré il y a cinq ans sur la liste flamande du Sp.

a. Or, la loi spéciale créant la Région de Bruxelles-Capitale de 1989 est très claire.

Une fois qu'un candidat aux élections régionales a opté pour un rôle linguistique, il ne peut plus en changer. Hassan Rahali ne peut donc pas se présenter sur une liste francophone en 2019 après avoir été candidat sur une liste néerlandophone en 2014.

Hassan Rahali n'est pas Hassan Rahali

Les choses paraissaient d'autant plus claires que la photo d'Hassan Rahali figure sur les affiches du parti Act-Salem et qu'il s'agit bien de la même personne que celle qui s'est présentée en 2014 et qui a siégé pour le compte du Sp.a au conseil communal de Molenbeek avant de le quitter pour créer sa propre liste, ACT, pour "Acting Citizens Together".

Il n'empêche, pour en avoir le coeur net, nous contactons Hassan Rahali. Et là, surprise, il dément figurer sur la liste Act-Salem, précisément en raison du fait qu'il est interdit de changer de rôle linguistique aux élections régionales bruxelloises. Hassan Rahali connaît donc la loi. Mais alors, qui est le Hassan Rahali figurant à la 3e place sur la liste Act-Salem? Un simple homonyme?

"C'est mon frère, nous informe le président d'ACT. Il porte le même prénom parce que dans son milieu il est davantage connu en tant qu'Hassan que sous son vrai prénom. Et la législation permet de se porter candidat sous un autre nom que le sien moyennant le dépôt d'un acte de notoriété. Pour ma part, je ne peux pas être candidat mais je soutiens évidemment la liste et j'apparais sur les affiches."

Une dérangeante ambigüité

Il se pourrait donc bien que des électeurs votent pour Hassan Rahali en pensant donner leur voix à la personne présente sur les affiches électorales d'Act-Salem, quand, en réalité, ils voteraient pour son frère porteur du même prénom. Il se pourrait même que tel soit le but de la manoeuvre. Il s'agit en tout cas d'une situation pour le moins dérangeante par son ambigüité.

Philippe Carlot

Retrouvez l'article original sur RTBF