Anderlecht 1070

Le secteur de la seconde main a le vent en poupe

En 10 ans, le nombre d'acteurs dans le secteur de la récupération et de la seconde main a quadruplé.

Le public des boutiques qui proposent des articles de seconde main a également évolué. C'est ce qu'explique Arabelle Rasse, la chargée de communication de "Ressources", la fédération des entreprises actives dans ce secteur : "avant, poussaient les portes de nos magasins uniquement des gens qui avaient des problèmes financiers et qui donc venaient s'équiper d'objets à petits prix. Maintenant on sent vraiment un changement au niveau du comportement en général, les gens réfléchissent de plus en plus à une consommation durable. Et donc il font le choix de la seconde main et on a tout un nouveau public qui arrive dans nos boutiques".

Un label de qualité et une professionnalisation nécessaire

Face à cet intérêt grandissant, il faut au secteur se professionnaliser. C'est entre autre ce qui a poussé la fédération "Ressources" à créer le label "Rec'Up", un label qui garantit au client une qualité des produits et services offerts par les entreprises d'économie sociale. "Ce public est habitué à avoir toute une série de services, service de livraison, service après-vente sur certains types de produits, à trouver des objets propres, bien exposés dans un chouette magasin attractif. Du coup, il fallait que tout le secteur se professionnalise pour répondre à ces nouvelles demandes. D'où l'intérêt de mettre en place un label pour uniformiser la qualité des produits et services proposés".

Les entreprises honorées de ce label s'engagent à respecter 120 critères. Un authentique cahier des charges. Des critères qui visent tant les produits et services proposés mais aussi par exemple une politique du juste prix (un produit de seconde main ne peut par exemple pas dépasser le tiers du prix de l'article neuf). Aujourd'hui, ce sont 44 sites de récupération et de seconde main, en Wallonie et à Bruxelles, qui disposent du label. Quatre fois plus qu'il y a dix ans. Les entreprises associées au sein de la fédération "Ressources" emploient 1400 personnes. 1400 bénévoles y viennent par ailleurs régulièrement prêter main forte.

La liste des acteurs labellisés est consultable sur le site www.rec-up.be

Livres, vêtements, vaisselle, électro-ménager... mais pas seulement.

Exemple parmi d'autres, Ecotop à Fleurus. Cette entreprise récupère, nettoie et reconditionne des cartouches d'encre pour les imprimantes laser. Une même cartouche peut être réutilisée jusqu'à 7 fois. "Entre 2014 et 2017, on a collecté environ 60.000 cartouches et quelques 45.000 ont été remanufacturées. Sachant qu'il faut environ 3 litres de pétrole pour fabriquer l'enveloppe en plastique d'une cartouche, ça représente une économie de 117.000 litres de pétrole", explique Yves Hodeige, le directeur d'Ecotop.

Pour cette entreprise d'économie sociale, le fait de disposer du label Rec'Up n'est pas anodin. "Ce label certifie notre qualité au niveau des différentes étapes de production de nos cartouches, au niveau de la collecte, au niveau du tri, du nettoyage... C'est aussi un label qu'on met fortement en avant pour convaincre nos clients que nous avons vraiment un produit de qualité et un engagement durable".

L'ensemble des filières de la récupération se trouve sur le site de la fédération : www.res-sources.be

Nicolas Rondelez

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