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" Santana " d'Ines Lamallem : un roman à 17 ans à peine !

Ines Lamallem n’a que 17 ans, mais publie déjà son premier roman « Santana » pour lequel elle a obtenu le Prix Jeune Public Brabant Wallon de la Fondation Laure Nobels.

Cette semaine, du côté des sorties littéraires, une jeune auteure bruxelloise va tenter de faire sa place : Ines Lamallem (17 ans) et son premier roman : " Santana ". Le Pitch ? Emma, une jeune adolescente, voit sa vie basculer lorsqu’elle croise dans les couloirs de son école la route du ténébreux et tatoué Michaël Santana. Mais ne vous attendez pas à lire une classique histoire d’amour adolescente… Dès le départ, le jeune homme se montre cruel, violent et sans pitié avec Emma. Pourquoi s’accroche-t-elle tant à ce Mickaël qui ne cesse de la maltraiter ?

" Santana " aborde des thématiques difficiles comme celles des violences psychologiques et physiques, du viol, du suicide ou d’une adolescence en perdition. L’histoire propose d’ailleurs un terrible écho aux origines de la Fondation dont elle a reçu le Prix Jeune Public 2020. Cette Fondation rend en effet hommage à Laure Nobels, une jeune auteure de 16 ans assassinée par son petit ami en 2012. Ses parents — Isabelle et Claude — ont alors décidé en 2014 d’aider des jeunes talents littéraires à réaliser le rêve de leur fille disparue : devenir écrivain(e) et publier leur première œuvre littéraire.

Concrètement, la Fondation finance la publication et la promotion de nouvelles et de romans écrits par de jeunes auteurs belges francophones âgés de 15 à 19 ans (années paires) ou de 20 à 24 ans (années impaires). Chaque année, deux prix sont à priori attribués — tout dépend du nombre et de la qualité des manuscrits reçus : l’un par un jury littéraire, l’autre par des élèves volontaires. Par ces deux prix, la Fondation souhaite ainsi susciter l’écriture et promouvoir la lecture auprès des jeunes publics.

La passion de la littérature depuis toujours

Ines Lamallem est en rhéto à l’Institut Notre-Dame à Anderlecht. Elle a écrit la majorité de son premier roman à l’âge de 16 ans avant de le peaufiner et de le soumettre à l’appel à manuscrits annuel de la Fondation Laure Nobels.

Ines, vous avez reçu le Prix Jeune Public Brabant Wallon…Alors, heureuse ?

(Ines) Oui, je suis très contente. C’est pour moi un honneur d’avoir remporté ce prix. Depuis toute petite, j’avais ce rêve d’écrire et de publier un livre. Je suis donc très reconnaissante envers la Fondation Laure Nobels de m’avoir aidée à réaliser mon rêve….

Justement, quel est votre rapport à l’écriture et à la littérature ? Comment avez-vous développé une telle passion ?

(Ines) Quand j’avais déjà 4-5 ans, je me souviens que ma maman me conduisait avec mes frères et mes sœurs dans des bibliothèques. Nous y passions nos mercredis après-midi après l’école. Puis, la littérature est très présente dans ma famille : mon grand-père maternel lit beaucoup et a une énorme bibliothèque chez lui au Maroc… Tout comme lui, je ne dors jamais d’ailleurs sans lire. Quant à l’écriture, j’ai commencé à écrire dès l’âge de dix ans dans mes journaux intimes. Quelques mois plus tard, je me lançais dans l’écriture de petites histoires que je faisais relire et corriger par mon institutrice.

Vous proposez une histoire difficile — pour ne pas dire trash — sur l’adolescence et sur une relation violente entre les deux protagonistes, Emma et Mickaël. Pourquoi aborder de telles thématiques à votre jeune âge ?

(Ines) J’ai voulu écrire un roman sur la violence telle que je la perçois au quotidien. La littérature ne représente pas assez la jeunesse d’aujourd’hui et la violence qui la traverse. Les livres sur l’adolescence que je lis personnellement sont en effet très souvent édulcorés. Par exemple, dans les dialogues, c’est toujours très poli et respectueux. Or les jeunes sont aussi très violents dans leurs paroles, n’hésitent pas à s’insulter.

Quels sont vos projets après la publication de ce premier roman ?

(Ines) Je continue à écrire bien évidemment. J’ai commencé un nouveau roman aussi… mais j’écris, puis j’arrête avant de reprendre à nouveau : j’ai beaucoup d’idées et j’ai encore du mal à me focaliser sur une en particulier… Mais mon projet pour mon avenir, ça serait de devenir professeure de français en secondaires. Je me destine donc aux études romanes.

Ines recevra son prix le 18 novembre à La Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve. Vous pouvez toutefois déjà vous procurer Santana dans les librairies à partir de ce jeudi 15 octobre.

Ines Lamallem, " Santana ", Editions Kern, 12 euros.

Maxime Maillet