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Reprise du tourisme en Europe, 15 pays autorisés chez nous : quelle sera la région gagnante en Belgique ?

Les ressortissants de quels pays pourront-ils venir en Europe et peut-être visiter notre beau plat pays ? Voilà la grande question qui a divisé les Européens durant deux jours d’âpres discussions.

Feu vert pour le Canada et trois pays du Maghreb, feu rouge pour les Etats-Unis et la Turquie, oui mais pour la Chine : les Européens ont validé mardi une liste restreinte d’une quinzaine de pays dont les ressortissants seront autorisés à voyager dans l’UE à partir de mercredi.

Et en Belgique ?

Depuis 2014, le tourisme est une compétence régionale et bien sûr en cette période de disette économique chaque région veut tirer son épingle du jeu et attirer le chaland sur son territoire.

Alors maintenant que nous savons (pour les 15 prochains jours) qui peut venir nous rendre visite, regardons région par région les gagnants et les perdants annoncés de ce nouveau tourisme.

A Bruxelles c’est la catastrophe et sans doute pour très longtemps…

"A Bruxelles, c’est la catastrophe. La moitié du tourisme, c’est du tourisme d’affaire" expliquaient les responsables de Visit Brussels. Cela veut dire qu’en plus d’une chambre, la destination vend au visiteur professionnel une salle de réunion, une cabine de traduction, une soirée festive, des transports, un peu de cadeaux souvenirs… Le secteur souffrira tant que les congrès et grands événements internationaux ne reprendront pas.

L’autre moitié c’est du tourisme de loisir et là comme le déclare l’équipe de VisitBrussels, "nous ne sommes pas sûrs que les touristes de loisirs aient suffisamment confiance pour revenir faire du city trip, alors qu’ils peuvent louer une maison en famille quelque part et se sentir en sécurité".

Le secteur de l’hôtellerie bruxelloise prévoit d’ailleurs un taux d’occupation des hôtels limité à 15% courant de cet été, alors qu’aujourd’hui, mardi 30 juin, il est à peine à 6%.

Les Américains manqueront cruellement. Ils sont 300.000 à venir tous les ans à Bruxelles, et en moyenne, un américain dépense 400 euros par jour, ce qui en fait un client très intéressant pour la destination.

20% de l’économie régionale bruxelloise et jusqu’à 23% de l’emploi

Tous les acteurs rappellent que cette présence internationale à Bruxelles pour le travail ou les loisirs génère jusqu’à 20% de l’économie régionale et jusqu’à 23% de l’emploi dans la Région, soit plus de 162.000 emplois.

Avec la limitation des congrès et manifestations à 200 personnes en intérieur et 400 en extérieurs en juillet et sans doute 400 en intérieur et 800 en extérieur en août, la destination Bruxelles va souffrir et sans doute jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible.

Au total à Bruxelles on compte pas moins de 38 organisations de l’Union européenne (dont le Parlement européen, le Conseil, le Conseil de l’UE et la Commission, ainsi que des organes consultatifs, comme le Comité économique et social européen et le Comité des Régions) ont leur siège ou un bureau de liaison dans la Région de Bruxelles-Capitale.

C’est également le cas pour l’Otan et huit de ses agences et centres qui y sont liés, 25 programmes et agences des Nations unies et quelque 32 autres organisations intergouvernementales de tailles variables.

Les principales institutions européennes emploient à elles seules 37.000 personnes à Bruxelles, et chaque année environ 8000 stagiaires sont présents dans la capitale.

Les lobbyistes du monde entier sont dans notre capitale

Le nombre de lobbyistes (individuels) gravitant autour des quartiers d’affaires durant l’année peut varier entre 7000 et 25.000, en fonction des événements et des réunions qui s’y tiennent. Le nombre d’organisations de lobbying et de lobbyistes individuels enregistrés dans le registre de transparence des institutions européennes est de 11.698, dont 3887 qui ont un bureau établi à Bruxelles.

Bruxelles compte aussi environ 300 représentations régionales et locales qui défendent les intérêts de leur ville ou de leur région auprès de l’Union européenne par un travail de lobbying, de collecte d’informations, de mise en réseau ou de négociations.

Les établissements d’enseignement à Bruxelles contribuent également à cette diversité, il existe 22 écoles internationales qui, avec quelque 11 autres établissements dans les communes avoisinantes, forment environ 25.000 élèves.

Enfin, la Région de Bruxelles-Capitale compte environ 730 journalistes étrangers (nombre qui peut atteindre jusqu’à 1500 lors des réunions du Conseil européen), 7673 membres du personnel diplomatique et environ 300 représentations locales et régionales.

En Wallonie, tous les feux sont au vert

En Wallonie, c’est l’inverse, Pierre Coenegrachts, porte-parole de VisitWallonia semble très confiant: "En Wallonie, on s’attend à un bel été puisque la plupart des touristes viennent de Belgique et des pays limitrophes. Les gîtes sont quasi complets et les hôtels affichent un taux d’occupation de 60 à 70%, et les réservations montent encore. Les Hollandais sont de retour, avec parfois la difficulté qu’ils ont du mal avec le port du masque, mais ils sont présents et cela nous réjouit. Pour les attractions et les Musées se sera un peu plus compliqué, car il faut s’inscrire préalablement et que le nombre de personnes présentes est limité".

La Flandre en demi-teinte

En Flandre, la côte devrait bien s’en sortir aussi avec un tourisme intrabelge. Par contre, Bruges va être la grande perdante, puisqu’elle est très fréquentée par les Américains et les Asiatiques. Bruges d’ailleurs donnera le coup d’envoi mercredi d’une campagne destinée à relancer le tourisme dans la Venise du Nord, a-t-elle annoncé lundi. Pour cette opération de communication, baptisée "Imagine Bruges", plus d’un million d’euros ont été dégagés.

En temps normal, Bruges accueille 8,3 millions de visiteurs par an. Mais la crise sanitaire liée au coronavirus est passée par là, réduisant ce nombre à peau de chagrin.

Le bureau de tourisme de Flandre occidentale Westtoer estime la perte pour la région de Bruges à 130 à 150 millions d’euros. La campagne lancée mercredi doit permettre de redresser la barre.

 

Olivier Arendt

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