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Philippe Close : “Nous avons une saine gestion de nos finances”

Pour le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS), ses finances ne sont pas problématiques contrairement à ce que laisse entendre la Région bruxelloise.

Pour le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS), ses finances ne sont pas problématiques contrairement à ce que laisse entendre la Région bruxelloise. Si la Région montre que les finances sont dans le rouge, c’est simplement parce qu’elle ne regarde pas la bonne ligne comptable. “Un budget est quelque chose de dynamique qui ne peut pas s’appréhender sur une seule année”, commente Philippe Close.

Dans le rapport publié par Bruxelles Pouvoirs locaux, le tableau montrant le résultat à l’exercice propre après prélèvements fonctionnels indiquait que deux communes étaient en déficit pour 2018: Berchem et la Ville de Bruxelles. La Région précisait également que cette dernière ne souhaitait pas se mettre sous plan d’assainissement. “Mais c’est parce que nous ne rentrons pas dans les conditions, se défend Philippe Close. Pour rentrer sous plan, il faut un déficit donc un mali cumulé, ce que nous n’avons pas. Au contraire, nous enregistrons un important boni cumulé.”

Lorsque Philippe Close devient échevin des Finances en 2006, la Ville dispose d’un boni cumulé d’un peu plus de 20 millions d’euros. En 2015, il atteint les 56 millions d’euros. “A cette période, j’ai dit à mes équipes que nous ne pouvions pas thésauriser à l’infini et qu’il fallait affecter ce boni en le mettant en provisions. C’est ce que nous avons fait. En 2018, nous affichons toujours un boni cumulé de 30 millions d’euros ce qui nous permet d’investir massivement dans les écoles. Nous allons en construire deux (une à Neder-over-Heembeek et l’autre à Tour&Taxis) sur fonds propres. Aucune autre commune n’investit autant que nous et malgré ça, nous conservons un boni cumulé. C’est cela qui compte.”

“La Région ne regarde pas la bonne ligne comptable”

Alors pourquoi la Région indique que la Ville de Bruxelles est dans le rouge? “Elle ne regarde pas la bonne ligne comptable”, explique Philippe Close. Explications. Au compte, on regarde les recettes et les dépenses afin d’obtenir le résultat budgétaire à l’exercice propre avant les prélèvements. En 2018, le solde est en négatif et atteint les 12 millions d’euros. Ensuite, on prend en compte les prélèvements fonctionnels. Il s’agit d’une ponction faite sur les réserves financières de la Ville qui est affectée à un domaine bien précis comme la zone de police, le renflouement des déficits des hôpitaux ou encore le Tour de France. Ça, c’est du côté des recettes. Du côté des dépenses, les prélèvements fonctionnels servent à constituer une réserve pour un événement spécifique. Pour 2018, il s’agit d’un subside pour Urbinat. On arrive alors à un déficit de 9 millions d’euros.

“C’est ce chiffre que la Région prend en compte dans son analyse mais l’exercice comptable ne s’arrête pas là. Dans ma gestion, lorsqu’un poste est en négatif, il me semble logique de le renflouer en prenant dans les réserves de la Ville. On ne pioche pas dans notre bas de laine pour payer nos factures mais pour des politiques particulières, des événements que nous savons ponctuels.”

Une fois le résultat budgétaire à l’exercice propre après prélèvements fonctionnels obtenu, il existe encore des prélèvements dits généraux. C’est le même mécanisme que les autres sauf qu’ils ne sont pas affectés à une activité précise. “L’an passé, nous avons comblé les déficits de Rénobru et des créances. En même temps, nous avons constitué un fonds de réserve pour un éventuel retard dans la taxe régionale des propriétaires.” Le résultat budgétaire à l’exercice propre après prélèvements fonctionnels et généraux est alors en positif et atteint le million d’euros. Pour la Ville de Bruxelles, c’est cela qu’il faut regarder.

“Nous n’avons pas de déficit structurel, notre dette reste en dessus des 10% de notre budget ordinaire. Nous ne vendons pas notre patrimoine pour obtenir des liquidités. Nous n’allons pas augmenter les impôts et notre capacité d’investissement reste élevé. Nous continuons notre politique qui est d’investir dans l’enseignement. Nous ne sommes pas un mauvais élève et nous avons même accepté de recevoir moins de dotation générale aux communes pour que la Région puisse aider les communes qui en ont vraiment besoin comme Schaerbeek. Après, si la Région souhaite changer ses critères, c’est une décision politique qui doit être concertée.” 

Vanessa Lhuillier – Photo: BX1

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