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La Sabca scelle sa présence dans les fusées Ariane 6

ArianeGroup a signé mardi avec le constructeur aérospatial belge Sabca son premier contrat de production industrielle pour le lanceur Ariane 6, sur son site historique des Mureaux, au nord de Paris.

Ce contrat, qui concrétise de précédentes étapes de prototypes, porte sur la fourniture de systèmes d'actuation des tuyères d'échappement, les "muscles" de la fusée qui régulent, stabilisent et orientent la poussée.

"Ce sont les seules pièces mobiles d'Ariane", présentes à différents étages de l'appareil, a expliqué Thibauld Jongen, le directeur de la Sabca, dont le site bruxellois fabriquera dès la fin de cette année ces équipements de haute technologie, avec une garantie de 45 emplois à la clé. La société les construisait déjà pour Ariane 5.

Le contrat porte sur six premières années, mais il est appelé à être prolongé, a souligné le CEO d'ArianeGroup, André-Hubert Roussel.

Investissement dans l'ESA

Ariane 6 devrait en effet faire les beaux jours de l'aérospatial européen sur les quinze prochaines années au moins.

La Sabca - qui est redevenue entièrement belge en février dernier après le rachat des parts de Dassault Belgique Aviation par la SFPI (bras financier de l'Etat fédéral) et Sabena Aerospace - espère de ce contrat un retour de 25 à 30 millions d'euros par an, une fois Ariane 6 en vitesse de croisière autour de dix lancements par an.

Elle pérennise aussi sa présence dans le projet Ariane, après en avoir perdu un important volet en 2016 (des éléments de structure métallique des parties hautes et basses des fusées d'appoint d'Ariane 5, ainsi que des dispositifs de fixation).

Autre opérateur belge du projet, Thales Aliena Space Belgium, pour sa part, produira l'électronique de pilotage des actuateurs, mais aussi du dispositif de destruction du lanceur s'il perd sa trajectoire et représente un danger. Quant à Safran Aero Boosters, il développera des vannes de régulation des fluides moteur sur son site liégeois.

Ces participations sont quelques-unes des retombées visibles de l'investissement accru de la Belgique dans l'Agence spatiale européenne (ESA), qui garantit aux États un "juste retour" sur investissement.

Le gouvernement fédéral a en effet validé dernièrement un apport de 250 millions d'euros à la contribution belge à l'ESA, portant l'investissement total à 1,45 milliard sur 2020-2024, a souligné le vice-Premier ministre David Clarinval (Budget et Politique scientifique), présent aux Mureaux pour la signature.

Avec d'autres acteurs comme la Sonaca et l'ULg, le retour sur l'investissement belge dans les lanceurs européens devrait s'élever à quelque 35 millions d'euros par an.

Nouveau lanceur

Le premier vol d'Ariane 6, attendu pour la fin de cette année, a récemment été reporté au second semestre 2021, probablement en juillet.

Ce nouveau lanceur se veut près de deux fois moins coûteux, plus performant et polyvalent que son prédécesseur Ariane 5. Se présentant comme un "couteau suisse de l'espace", il est entre autres destiné à concurrencer les lanceurs américains et chinois de constellations de satellites, mais aussi à préparer le terrain à des étages réutilisables d'Ariane comme le projet Themis.

"Outre les retombées industrielles, l'investissement dans les lanceurs Ariane permet aussi de maintenir un accès autonome à l'espace, véritable enjeu géopolitique. Dans le prochain budget 2021-2027 de l'UE, la Belgique soutiendra le principe d'une politique spatiale forte", a souligné le ministre Clarinval à quelques jours d'un sommet européen sur la relance post-coronavirus. Il dit avoir bon espoir que l'accord final soit très proche de la proposition de la Commission européenne, à quelque 16 milliards d'euros.

Belga

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