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L'image antisémite à travers le temps, à voir au CCLJ à Bruxelles

Le Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind (CCLJ) a dévoilé mercredi l’exposition "Plume de fiel, Images de haine. Esquisse d’une collection insolite", qui se tiendra jusqu’à la fin de l’année dans ses locaux situés rue Hôtel des Monnaie à Saint-Gilles.

L’exposition présente une partie de la collection d’Arthur Langerman, un Belge d’origine anversoise né pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a réuni plus de 5000 pièces liées à l’antisémitisme, dont de nombreuses affiches, sculptures, tableaux et cartes postales. Ses trouvailles ont été accumulées pendant plus de 50 ans.

La collection Arthur Langerman, désormais dénommée ALVAVA (Archives Arthur Langerman for the Study of Visual Antisemitism), a été confiée en mars 2019 au Centre pour la recherche sur l’antisémitisme ZfA de l’Université Technique de Berlin.

Les pièces rassemblées pour l’exposition permettent au public de se rendre compte de la force de la propagande visuelle. Les visiteurs sont guidés le long d’un parcours qui les fait évoluer de l’antijudaïsme païen et religieux à l’antisémitisme social et politique. L’exposition permet d’aborder l’image des personnes juives de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, en Europe et ailleurs, mais aussi comment la haine antisémite entache l’identité communautaire.

De la prétendue profanation des hosties de Bruxelles (XIVe siècle) jusqu’aux vignettes textiles confectionnées par certains acteurs du Carnaval d’Alost récemment, l’antisémitisme se manifeste aussi en Belgique. Le focus est donc mis sur les illustrations " belges ", mais pas seulement. On découvrira des images de toutes origines, car l’antisémitisme sévit partout dans le monde.

L’antisémitisme s’insinue et se propage dans les domaines aussi divers que ceux de la théologie, de l’ethnographie, de l’économie, de la sociologie, de la politique, de l’esthétique, et même de l’humour. Il prend également des formes variées, et parfois inattendues de supports : tableaux, gravures, esquisses, dessins, statuettes en bois, photographies, archives, livres, livrets, pamphlets, posters, cartes postales internationales, objets insolites (pommeaux de cannes, pipes, chopes à bière, cagnottes, plaques émaillées, pins, cendriers, boîtes d’allumettes, brassards…). Autant d’images et de fac-similés qui sont présentés dans l’exposition pour comprendre l’étendue vicieuse d’un mal qui ronge encore notre société.

L’exposition est accessible sur rendez-vous, du 13 septembre au 15 novembre.

RTBF Culture