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Ils s'affichent dans les rues de Bruxelles pour trouver un emploi

Jusqu’où iriez-vous pour décrocher le job de vos rêves? Six jeunes Bruxellois, en recherche d’emploi, ont décidé de se démarquer en publiant leur portrait sur des panneaux publicitaires. Objectif? Attirer l’attention des employeurs. "Engagez-moi,...

Jusqu’où iriez-vous pour décrocher le job de vos rêves? Six jeunes Bruxellois, en recherche d’emploi, ont décidé de se démarquer en publiant leur portrait sur des panneaux publicitaires. Objectif? Attirer l’attention des employeurs.

"Engagez-moi, je ne suis pas ici par hasard"… Ce cri d’espoir s’affiche en grand dans les rues de la capitale, au milieu d’une avenue ou sous un abris bus. En précisant le secteur d’activité dans lequel ils souhaitent travailler ou en interpellant un employeur, Assia, Diane, Anne-Sophie, Julie, Quentin et Thibaut espèrent ainsi décrocher un contrat.

L’idée de cette campagne, baptisée "La Belle Histoire" est née lors d’un cours proposé par Bruxelles Formation. "Lors d’une session, Alexandre, un formateur, nous a présenté un nouveau produit JCDecaux: monaffiche.be. Le concept est simple: tout le monde peut désormais louer son propre emplacement d’affichage", explique Quentin. L’idée, partie d’une blague, s’est concrétisée avec l’aide de Bruxelles Formation, en partenariat avec JCDecaux.

Des secteurs bouchés, malgré une diminution du taux de chômage à Bruxelles

Malgré ses huit années d’expérience en poche, Assia a du mal à trouver un emploi dans le secteur culturel à Bruxelles. "On postule de manière classique, on envoie des cv, des lettres de motivation, mais on n’a pas toujours de réponse. Avec cette initiative, on essaie de sortir du lot".

Pour Delphine Cugnon, directrice du service culture de la commune d’Ixelles, le constat est là: "Chaque semaine, on reçoit de nombreuses candidatures. Quand un poste s’ouvre, même un mi-temps, on peut recevoir jusqu'à 200 candidatures". Dans ce contexte, l’initiative des six jeunes Bruxellois séduit: "Je trouve que c’est un projet intéressant. Voir ces visages au plus près du citoyen dans la rue, ça ne peut qu’interpeller les gens et les pouvoirs publics".

Depuis quatre ans et demi, le chômage chez les jeunes bruxellois de moins de 25 ans ne fait que diminuer. Autre diminution, celle des demandeurs d’emploi: ils sont 9% de moins que l’année passée à Bruxelles. Pour autant, certains secteurs restent bouchés. Parmi les fonctions désignées comme critiques en Région Bruxelles Capitale pour l’année 2016, on retrouve les ingénieurs, les pharmaciens, infirmiers ou encore les instituteurs dans le haut de la liste.

Montrer de manière pratique et originale son savoir-faire

Pour Quentin, à la recherche d'un emploi dans le secteur de la communication, cette campagne est aussi l’occasion de montrer concrètement ses compétences, bien plus que dans une lettre de motivation. "On a pu montrer qu’on pouvait développer une campagne de communication de A à Z, tout en utilisant des outils audacieux".

Et la prise de risque fonctionne, puisque Quentin a rencontré Hugues Rey, directeur de l’agence Havas Media en Belgique, qu’il avait sollicité. "On reçoit beaucoup de candidatures et être capable de se démarquer est quelque chose d’important. Précisément, en utilisant les codes de la communication actuels qui sont un mélange de médias de masse (affichage et télévision) et réseaux sociaux. Il est aussi important de pouvoir se raconter", précise Hugues Rey.

Pour Julie, l’aventure pourrait se révéler concluante: elle vient de décrocher un entretien chez MAD, la Maison de la mode et du design à Bruxelles.

Marine Guiet

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