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Embouteillages à Bruxelles: le péage urbain, solution miracle?

La mobilité bruxelloise, un classique du débat politique lors des campagnes électorales.

Et l'idée d'un péage urbain pourrait bien refaire surface. 

Le principe d’un péage urbain est simple : chaque automobiliste qui circule dans une zone définie doit payer. "Cela permet de diminuer la congestion d’une ville, ainsi que la pollution. Les recettes perçues sont réinjectées dans des projets de mobilité", analyse Tyl Van Gyzegem, chargé de mission à Inter-Environnement Bruxelles.

À Londres, cette taxe existe depuis 15 ans. C’est la "congestion charge". Lorsque qu’une voiture roule dans le centre de Londres, les caméras repèrent la plaque minéralogique. Il faut alors s’acquitter de 13 euros (+/- 11 Livres) dans les 24 heures. "C’est le même trafic qu’avant ! Ce sont les mêmes véhicules qui bouchent Londres", lâche un automobiliste.

Des embouteillages de bus en plein Londres

Et pourtant, le trafic a bel et bien changé. Dans les premières années, la congestion de Londres a diminué, et même drastiquement. Les voitures de particuliers ont disparu ou presque de la circulation. Problème : elles ont rapidement été remplacées. "Dans le centre de Londres pendant la semaine, et particulièrement pendant les heures de pointes, il n'y a presque plus de voitures de particuliers. La ville de Londres a fait en sorte de les éradiquer", analyse Tony Travers, professeur à la London School of Economics. "Mais puisqu'il y a tant de bus, de voitures utilitaires, de taxis, de voitures de locations ou de vélos, le trafic est encore très important, même s'il y a moins de véhicules dans les rues. Aujourd'hui, il y a même parfois des embouteillages de bus." 

À Londres, les taxis, les bus ou les chauffeurs UBER ont la gratuité ou des réductions pour circuler. Et une partie de la congestion a donc regrimpé en flèche malgré des bons premiers résultats. 

Un péage à Bruxelles? impossible… à l’heure actuelle!

Chez Stratec, un bureau d'experts bruxellois, on analyse depuis longtemps les possibilités d'un modèle de péage urbain dans la capitale. Ici, on a tout calculé, jusqu'au montant à payer pour pouvoir rouler. "Une taxe de 3 euros par jour pour circuler dans les 19 communes de la capitale, c'est le montant qui permettrait à Bruxelles de diminuer la congestion de 13%, tout en préservant son attractivité économique. En clair, dissuader ceux qui n'ont pas vraiment besoin d'emprunter leur véhicules", commente Louis Duvigneaud, administrateur délégué chez Stratec.

Mais, à l'heure actuelle, ce changement n'est pas encore possible. "Les transports en commun ne sont pas prêts à accueillir ces automobilistes. Il n’y a pas non plus les infrastructures nécessaires, notamment les pistes cyclables."

Un péage urbain à la londonienne ne serait donc qu'un début. Une étape vers une meilleure mobilité, qui demandent d'autres investissements pour favoriser l'usage du vélo ou de la marche. Pour le moment, le cdH, DéFI et Ecolo sont favorables à cette solution. C'est un non catégorique pour le MR. Le PS envisage plutôt une taxe kilométrique.

RTBF

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