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Des tranches de jambon dans le casque d'un pompier musulman à Bruxelles: déjà un incident raciste il y a cinq ans

Un incident raciste est survenu il y a plus de cinq ans au SIAMU avec la pose de tranches de jambon dans le casque d’un pompier musulman : c’est ce qu’a indiqué ce mardi matin Pascal Smet (one.

brussels) secrétaire d'Etat de tutelle du SIAMU en commission du Parlement bruxellois, en réponse aux interpellations relatives à l’acte xénophobe révélé par la RTBF fin octobre. Il y a deux mois, nous répercutions l’histoire d’une jeune recrue de confession musulmane dont le casque avait été souillé par des inscriptions racistes ("Retourne à Molenbeek", "Singe", croix gammée…). Quelques jours plus tard, des tranches de jambon avaient été posées dans son casier et de la bière versée sur ses effets personnels et son uniforme d’intervention.

Pas d’interpellation du service interne à l’époque

Mais il ne s’agissait pas d’une première chez les pompiers de Bruxelles. "Le service interne pour la prévention et la protection du travail n’a jamais en lui-même été interpellé pour des actes racistes", a introduit Pascal Smet ce mardi. "Il y a déjà plus de cinq ans, (il y a eu) un cas similaire avec la pose de tranches de jambon dans le casque d’un pompier de confession musulmane. Mais il n’y a pas eu d’interpellation à l’époque du service interne ou d’une autorité." Relancé, le cabinet du secrétaire d'Etat ne dispose pas pour l’instant de détails complémentaires sur cette affaire. Celle-ci rejoint cependant l’acte récent dans son mode opératoire.

"Les pompiers n’échappent malheureusement pas à la règle qui est d’être une microreprésentation de la société belge en général", regrette Pascal Smet. "Toutes les idées et courants de pensée peuvent s’y retrouver de manière plus ou moins visible. Mais encore une fois, c’est intolérable ! D’où une condamnation et des actions qui doivent être fermes." Pascal Smet salue également le courage des pompiers qui s’opposent à ces actes et les portent à sa connaissance.

Une plainte officiellement déposée

Concernant l’incident du mois d’octobre, le ou les auteurs n’ont toujours pas été identifiés. "La victime a été reçue par le service social du SIAMU. Un rapport a été établi. Une enquête interne visant à retrouver l’auteur des faits a été lancée." Les images des caméras sont toujours en cours d’analyse mais une plainte pénale a été récemment déposée à la police. "L’enquête pénale est à présent entre les mains de la police et de la justice. Sur la base du rapport des faits établis, une procédure disciplinaire contre X (puisque l’auteur des faits n’a pas été identifié) a été lancée. […] Le SIAMU a également déposé une déclaration de personne lésée auprès des services de police."

Prudence, ajoute toutefois Pascal Smet à l’attention des parlementaires bruxellois : "Il faut toujours attendre le résultat des enquêtes. Parfois, il peut y avoir des surprises. Il est important d’être prudent." Pascal Smet a également regretté les interventions d’UNIA, le centre interfédéral contre les discriminations. Le centre a notamment entrepris d’entrer en contact avec des pompiers afin de récolter des informations internes. Appréciation critiquée par des députés de l'opposition PTB et de la majorité comme Jamal Ikazban (PS). Ce dernier estime que les pompiers doivent pouvoir jouir d’une liberté de parole auprès d’une instance extérieure "liberté qui n’existe peut-être pas auprès de la hiérarchie du SIAMU".

En fonction du résultat des différentes enquêtes, les procédures actuelles au SIAMU en termes de lutte contre les discriminations et de promotion de la diversité pourraient être évaluées.

Karim Fadoul

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