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De Lyon à Bruxelles, elle marche 757 km pour inciter à voter aux Européennes

Sur la route entre Nivelles et Waterloo, elle n’a jamais été aussi près du but.

Dans quelques heures, Valérie Thatcher (un nom marital, parfois difficile à porter pour une europhile) fera son arrivée à Bruxelles, terminus d’une marche amorcée chez elle, à Lyon, il y a plus d’un mois. « C’est mon 31e jour et demain je retrouve mes enfants et mon mari » souffle-t-elle, soulagée. Des retrouvailles dans la capitale de l’Europe, point final d’un périple à pied de 757 kilomètres.

« J’avais jamais fait de grande randonnée » ironise cette mère de famille de 48 ans, pas vraiment sportive, ni partisane, mais embarquée dans une marche pour l’Europe. « Je dis aux électeurs que je croise, vous voyez moi je marche 5 semaines, alors vous, faites l’effort d’aller au bureau de vote au coin de la rue », message adressé à ses compatriotes français, où le vote n’est pas obligatoire. « C’est nous qui avons le pouvoir, le vote c’est notre pouvoir, autant l’utiliser », lâche-t-elle, entre deux foulées.

« Même si ça ne fait pas bouger grand-chose, j’essaie d’agir à mon petit niveau »

Mobiliser le grand public à la veille des élections européennes, là est tout l’enjeu de cette odyssée à travers la France et la Belgique. « On a une chance inouïe de pouvoir circuler librement pour étudier, pour travailler, d’avoir une monnaie commune » clame-t-elle, tout en reconnaissant les dysfonctionnements actuels d’une Europe « bouc émissaire », objet des convoitises des partis extrêmes. « C’est dangereux de voir s’installer sur des décennies l’extrême-droite, ça ne mène à rien de bon. »

Au fil d’un parcours émaillé de rencontres, en journée au bord des routes, le soir chez l’habitant, Valérie Thatcher a tenté d’éveiller les consciences de ses interlocuteurs. « Même si ça ne fait pas bouger grand-chose, j’essaie d’agir à mon petit niveau. » Encouragée par ses proches et sa famille, cette fonctionnaire de l’Education nationale a financé son projet sur ses propres deniers, ouvrant toutefois une cagnotte en ligne et prenant la peine de faire la chronique de son périple sur les réseaux sociaux.

Arrivée en Belgique il y a six jours, toujours enveloppée dans son drapeau européen, « ça interpelle et les gens finissent par m’interroger sur ma démarche », cette marcheuse, « saisie par l’accueil des gens », a très vite ajusté son propos. Chez nous, fini l’appel à s’inscrire sur les listes électorales, place à un discours contre « l’indifférence européenne ». « Je sais que chez vous il y a trois 3 échéances en même temps, mais surtout ne négligez pas cet enjeu européen, c’est très important. »

Un message auxquels souscrivent plusieurs bénévoles belges, inscrits comme elle sur la plateforme cettefoisjevote.eu. Des bénévoles qui l’accompagneront ce dimanche pour la dernière étape de son parcours entre Waterloo et Bruxelles. Arrivée programmée à 12h30 devant le Parlement européen. Clap de fin d’une « idée originale », entre engagement civique et réelle performance physique, « j’ai eu beaucoup de douleurs, aux chevilles, aux genoux, c’était dur, mais je ne me plains pas parce que je suis extrêmement motivée par ce que je fais ».

RTBF

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