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Coronavirus en Belgique : "Les enfants ne sont pas moteur de l’épidémie ", estime la pédiatre Anne Tillemanne

Ce jeudi, les professionnels de la santé et la ministre de l’Enseignement de la Fédération Wallonie Bruxelles (FWB), Caroline Desir vont se réunir pour aborder la situation sanitaire dans les écoles. Actuellement et depuis la rentrée scolaires, les établissements scolaires sont en "code jaune". Cela signifie la mise en place de mesures sanitaires, mais une large partie des cours donnés en présentiel.

Mais au regard de la situation sanitaire de plus en plus préoccupante, la question de la fermeture des établissements scolaire n’est pas sur la table mais la pression est de plus en plus importante. Or pour bon nombre de pédiatres, c’est là une fausse bonne idée, qui ne devrait pas avoir d’impact sur la circulation du coronavirus. Au contraire, cela pénaliserait les enfants.

C’est d’ailleurs ce qu’a plaidé Anne Tillemanne, membre de la task-force pédiatrique.

Les enfants sont-ils responsables des contaminations ?

"Les enfants ne sont pas moteur de l’épidémie. Tous les professionnels sont d’accord, on s’est tous concertés", affirme la pédiatre et infectiologue, Anne Tillemanne.

Comme l’explique la task-force, selon "Sciensano, depuis mars les enfants ne représentent que 3% du total des infections et 1,6% des hospitalisations". La task-force pédiatrique rappelle que "les chiffres hebdomadaires sont également rassurants en ce qui concerne les enfants : ils restent peu infectés et peu malades. L’augmentation actuelle des hospitalisations, tout à fait réelle et préoccupante en médecine adulte, ne s’observe pas en pédiatrie".

C’est aussi ce que constate Anne Tillemanne : "les enfants restent épargnés par cette épidémie. Certes, le virus circule parmi eux mais les cas d’hospitalisations restent rares. Par exemple, en octobre et novembre nous avons eu une trentaine d’enfants hospitalisés, à l’hôpital des enfants. Et ils sont tous restés là pour des bilans de fièvre et des durées assez courtes et aujourd'hui ils vont tous bien".

L’école : un cluster ?

La question est donc de savoir si on doit observer la fermeture de certaines écoles. Une certaine pression s’observe actuellement au regard du rebond de l’épidémie. D’autant que, comme dans le reste de la population, les cas augmentent parmi les professionnels de l’enseignement mais aussi parmi les élèves.

Est-ce que les écoles sont des foyers de transmission ? Selon une étude menée par l’Agence pour une vie de qualité (Aviq) qui a analysé les clusters en Wallonie, "46% des contaminations proviennent des écoles, 25% appartiennent à la catégorie "autre" (dont l’Horeca fait partie), 18% viennent des écoles supérieures, 9% des entreprises et 2% sont issus des milieux d’accueil de la petite enfance".

Une analyse que rejettent de nombreux experts. Pour Yves Coppieters, professeur de Santé publique à l’ULB, ces clusters ne disent pas grand-chose du mode d’exposition du virus, "en effet, quand on détecte que, dans une école, cinq élèves sont touchés, cela ne dit pas comment ces élèves ont attrapé le Covid-19, ni où. Cela a pu se passer à l’école mais aussi dans le cercle familial. Il faut remonter les foyers en effectuant une enquête pour savoir d’où vient avec précision la contamination. Toutefois, ces indicateurs sont utiles pour déceler des tendances".


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