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Bruxelles: quelques dizaines d'agriculteurs manifestent contre l'accord avec le Mercosur

Quelques dizaines d'agriculteurs ont défilé en tracteur dans les rues de Bruxelles ce jeudi : ils voulaient exprimer leur opposition à l'accord de libre-échange récemment conclu entre l'Union européenne et le Mercosur.

Quelques dizaines d'agriculteurs ont défilé en tracteur dans les rues de Bruxelles ce jeudi : ils voulaient exprimer leur opposition à l'accord de libre-échange récemment conclu entre l'Union européenne et le MercosurLes éleveurs européens dénoncent le fait que leurs homologues sud-américains ne sont pas soumis aux mêmes contraintes sanitaires et de traçabilité. Les syndicats agricoles et des ONG demandent que cet accord, qui devrait créer un marché de 780 millions de consommateurs sud-américains et européens, ne soit pas approuvé par le Conseil européen.

Une dizaine de tracteurs ont bloqué la circulation. "L'agriculture doit rester à part, nous devons garder notre souveraineté alimentaire et pas importer toute la merde que le monde fabrique à gauche ou à droite selon des normes qui n'existent pas", explique un manifestant. Une pancarte indique que le Mercosur serait synonyme de "mort" pour l'agriculture.

A côté se tient Timothée Petel, chargé de mission à la Fugea (Fédération Unie de Groupements d'éleveurs et d'agriculteurs). Pour lui, cet accord ne respecte ni les consommateurs ni le climat: "Quand on sait que, au Brésil notamment, les systèmes de traçabilité sont défaillants, on est quasi sûr qu'un accord pareil augmentera la concurrence déloyale entre nos produits et ceux des pays tiers".

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L'amour de leurs produits: voilà pourquoi ces agriculteurs sont ensembles au rond-point Schuman. "A 25 ans on n'est nulle part, on a besoin d'énormément de capitaux pour pouvoir payer la ferme familiale. Cela représente d'énormes emprunts. De moins en moins de jeunes seront capables de reprendre des exploitations" explique un jeune agriculteur venu d'Ath.

"Glyphosate à gogo"

Des représentants du secteur agricole ont rencontré le Premier ministre Charles Michel. "Il n'y a pas de cohérence politique, on exige de la part de nos producteurs d'être de plus en plus durables alors qu'ils sont déjà en difficulté économique. Et on  amène des produits qui ne respectent pas ces normes : des produits phytosanitaires qui sont utilisés chez eux sont interdits en Europe. Ces produits vont venir de l'agriculture industrielle.  Chez nous, en vaches allaitantes, on a en moyenne 44 vaches par exploitation.  La viande qui va arriver chez nous viendra d'exploitations qui comptent 1500 bêtes et qui ne voient jamais de l'herbe" explique Marianne Streel, présidente de la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA).

"On sait tous qu'ils utilisent des OGM, et du glyphosate à gogo, et qu'ils déforestent complètement l'Amazonie. L'agriculture wallonne et européenne est beaucoup plus soucieuse de l'environnement, et surtout à l'écoute des consommateurs" selon Philippe Duvivier, président de la Fugea.

Ils sont une quarantaine à être venus manifester ce jeudi, mais ils sont beaucoup plus à s'inquiéter pour leur avenir.

A. Lechien avec S. Giron

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