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Beau temps et routes désertes : pourquoi les chantiers routiers sont à l'arrêt ?

Des températures estivales et peu d’automobilistes sur les routes, des conditions idéales pour les chantiers routiers.

Et pourtant, la majorité d’entre eux sont à l’arrêt. C’est le cas depuis le début du confinement. Mais cela pourrait évoluer.

Ceux qui prennent encore la route l’ont peut-être remarqué. Depuis le 2 avril dernier, un nouveau chantier a vu le jour entre Wavre et Louvranges vers Namur : "C’est un chantier de réparations localisées qui a pu être mené puisque l’entreprise qui gère les travaux a estimé que les conditions sanitaires étaient suffisamment respectées et qu’ils disposaient des matériaux nécessaires pour réaliser le chantier", explique Héloïse Winandy, porte-parole de la SOFICO, société chargée de la gestion des autoroutes wallonnes.

"Mais même ces chantiers d’entretien tournent au ralenti pour l’instant vu qu’il faut appliquer les mesures dictées par le Conseil de sécurité national", précise-t-elle.

La plus grande partie des chantiers se sont arrêtés

Il faut dire que depuis le début du confinement, seuls quelques chantiers ont pu être maintenus. La plupart sont des chantiers de terrassement puisque pour effectuer ce travail, les ouvriers sont seuls à bord de leur engin.

Pour le reste, il y avait trop de problèmes à régler, comme nous l’explique Didier Block, secrétaire général de la Fédération wallonne des entrepreneurs de voirie : "D’abord avec le personnel : comment organiser la distanciation sociale, comment transporter les ouvriers collectivement vers le lieu de travail ; des problèmes avec les fournisseurs (certains, à l’étranger, ont arrêté de produire) ; des problèmes avec les transporteurs qui nous approvisionnent en différents matériaux (des chauffeurs de camion avaient peur, par exemple, d’aller travailler ou menaçaient de prendre un certificat médical pour ne pas venir travailler) ; également avec des gestionnaires de câbles et canalisations souterraines qui craignaient que nous les endommagions et qu’ils n’aient pas de personnel pour les réparer en cette période".

Si c’est le cas en Wallonie, c’est également le cas à Bruxelles. Là, seules les réparations d’urgence ou de maintenance se poursuivent comme dans le tunnel Léopold II, par exemple. Quelques travaux saisonniers aussi, comme les plantations et le rafraîchissement des marquages au sol qui se font chaque année en cette période.

Va-t-on pouvoir rattraper le retard ?

A la question de savoir si l’on va prendre du retard sur toute une série de chantiers. C’est certain. Reste à savoir si on pourra rattraper ce retard, mais il est encore trop tôt pour l’évaluer tant en Wallonie qu’à Bruxelles. Tout dépendra de la durée du confinement. Mais que ce soit à la SOFICO ou à Bruxelles-Mobilité, on étudie des pistes de sortie de crise.

Vers une solution temporaire au cas par cas ?

La bonne nouvelle est que les semaines qui passent semblent apporter leur lot de solutions : "Avec les semaines qui passent, on trouve progressivement des solutions avec les uns et les autres. On innove également dans la manière d’exécuter des chantiers pour respecter la distanciation sociale. Donc en trouvant progressivement des solutions à chacun des problèmes, on est en mesure de redémarrer, au cas par cas, un certain nombre de chantiers. Et, j’entends qu’un certain nombre de chantiers redémarrerait à partir du 20 avril", nous confie Didier Block. "Mais cela va se faire entreprise par entreprise, chantier par chantier, en fonction de toute une série de paramètres avec les clients, les fournisseurs, etc."

Reste un problème de taille selon lui : les relations avec les syndicats.

Céline Biourge

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