Liege 4000

Verviers : selon la tutelle, oui la motion anti-Targnion peut être retirée, corrigée et réintroduite

Il serait possible, à Verviers, de supprimer la motion qui a mis Muriel Targnion dehors, de la corriger, de la réintroduire, et de réinstaller une nouvelle équipe à la tête de la Ville.

C'est ce que veut le Parti Socialiste depuis que le Conseil d'Etat a suspendu l'acte d'éviction de Muriel Targnion. En corrigeant la motion recalée par le Conseil d'Etat, le PS pourrait se débarrasser définitivement de la bourgmestre frondeuse.

Le retrait d'acte : juridique et politique

Ce "retrait d'acte" posait deux questions. La première est juridique : retirer la motion, la corriger, la réintroduire, est-ce autorisé ? La deuxième question est politique : le PS a-t-il assez d'alliés prêts à s'y risquer ?

La première question vient de recevoir une réponse : oui, c'est autorisé. La directrice générale de la Ville de Verviers avait posé la question à la tutelle. La tutelle lui répond que le "[...] retrait est donc admissible pendant le délai prévu pour l'introduction d'un recours au Conseil d'Etat [...]", que les actes posés par le Collège Istasse resteront valides et "qu'une nouvelle motion de méfiance collective peut intervenir immédiatement après la procédure de retrait, sans qu'il y ait lieu de respecter le délai d'un an". C'est donner raison à la thèse du PS : renvoyer Muriel Targnion dans les cordes serait envisageable à très bref délai

MR et Nouveau Verviers pas pressés de tout renverser de nouveau

Reste à voir si les autres partis souhaiteront jouer dans cette pièce. La saga politique verviétoise dure depuis le mois de juin et écorne leur image auprès de la population. C'est ici qu'intervient la question politique. L'échevin Freddy Breuwer y a répondu juste avant d'entrer en collège : "à ce stade-ci, moi je ne souhaite rien envisager, et surtout pas dans la précipitation. Je prends acte du fait que la tutelle pense que le retrait est possible, mais la question, c'est de faire des choses démocratiquement défendables. La volonté du MR, c'est l'apaisement. Ma première réaction, c'est 'ne nous précipitons pas'. Il n'y a pas de raison de retirer l'acte pour l'instant, du moins à mes yeux."

Le Nouveau Verviers nous tient un discours de la même eau : "c'est une réponse partielle et qui vient d'un des camps, de l'administration ; ce n'est pas une réponse qui permet de faire autorité sans aucune contestation. Donc nous allons attendre. Nous venons de faire un appel d'offres, avec le collège, pour désigner un bureau d'avocats qui nous rendra un avis juridique sur cette question." A entendre Jean-François Chefneux, il ne faut donc pas s'attendre à voir bouger les lignes avant que cet avis juridique ait été rendu.

Le PS, lui, voudrait aller vite et en finir

"La réponse de la tutelle est claire et sans appel" soutient au contraire le socialiste Malik Ben Achour. "On peut le faire. On peut retirer la motion. On peut la corriger. Et on peut la redéposer rapidement. Je n'ai aucun souci à ce que chacun des partenaires trouve ses apaisements sur le cadre juridique. Ce que je ne voudrais pas, c'est qu'on prenne alibi de cette incertitude juridique réelle, supposée ou exagérée, pour faire jouer à la crise des prolongations. L'urgence, c'est d'installer une majorité stable et large."

Le PS, pour l'instant, ne semble pas en mesure d'entraîner les autres partis dans une nouvelle motion de méfiance anti-Targnion. Mais il ne dissimule pas son envie d'éjecter une bonne fois pour toutes la bourgmestre dissidente.

Si vous souhaitez vous faire votre propre avis juridique, voici la lettre envoyée par l'administration wallonne à la Ville de Verviers :

François Braibant

Retrouvez l'article original sur RTBF