Liege 4000

Un ballet de grues cendrées dans le ciel belge

Dans le ciel, ces derniers jours, vous avez peut-être observé les grues cendrées, avec leur étonnant ballet aérien.

Elles sont arrivées chez nous plus tôt que d'habitude. Nous nous sommes intéressés au parcours de ces oiseaux migrateurs.

Ce sont des migrateurs qui utilisent des courants thermiques, un peu comme les planeurs

Avant de les voir, nous les avons d'abord entendues: "Les grues cendrées discutent entre elles en fait, elles gardent un contact régulier entre elles, et c'est ça que ce sont des oiseaux très bruyants. C'est un son assez agréable à entendre d'ailleurs", explique Antoine Derouaux, ornithologue chez Notagora.

En levant la tête, nous avons ensuite découvert un étrange ballet: "Ce sont des migrateurs qui utilisent les courants thermiques, un peu comme les planeurs" poursuit l'ornithologue. "On va les voir à un moment donné en groupes qui tournent en rond pour monter dans les ascendants thermiques, vraiment comme un planeur ou un parapente. Quand elles sont suffisamment haut, elles vont repartir en formation, en V, ce qui leur permet d'économiser de l'énergie en vol, un peu comme les cyclistes dans un peloton. La première prend tous les vents, et les suivantes utilisent les turbulences des vols des précédentes pour économiser de l'énergie".

Plusieurs centaines de kilomètres sur une journée

Car les grues peuvent faire jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres sur une journée: "Il faut savoir qu'elles volent 24 heures sur 24 parfois, puis, de temps en temps, elles font une halte pour reprendre des forces. Leur trajet dure de l'Andalousie jusqu'au nord de la Norvège, c'est une traversée qui fait plus de 5000 kilomètres. Elles cherchent beaucoup de nourriture: des maïs, des vers, des grenouilles... et puis elles se mettent les pieds dans l'eau pour passer la nuit à l'abri des renards".

 

Ce mois-ci, la densité de passage des grues cendrées a été exceptionnelle, comme le souligne l'ornithologue: "On remarque qu'une grosse moitié de la Belgique a été survolée par les grues, et quand on compare pour la même période l'année dernière par exemple, on voit que le passage se fait beaucoup moins important et beaucoup plus à l'est".

►►► À lire aussi: Avec les températures printanières, les grues cendrées sont de retour

L'explication nous vient de la chaleureuse météo du weekend dernier: "Un beau temps qui a poussé les oiseaux à décoller et à partir vers le nord, combiné à un vent du sud-est qui a poussé les grues au-dessus de la Wallonie plutôt que dans l'ouest de l'Allemagne et des zones de passage plus classiques".

Et l'espèce n'est pas en voie de disparition. Que du contraire! Bien protégée et bien alimentée par les champs de maïs en prolifération.

Gérald Wéry

Retrouvez l'article original sur RTBF