Toujours suspendu, le professeur de sciences dentaires de l'ULB nie tout harcèlement

Le professeur Thierry Charles est l'un des deux enseignants suspendus par Yvon Englert, le Recteur de l'ULB, après la diffusion d'une enquête du Bureau des Etudiants de Médecine (BEM) sur des violences et du harcèlement en sciences dentaires.

Thierry Charles fait l'objet d'une procédure disciplinaire et a été entendu, ce mercredi, par les deux vice-recteurs chargés de faire la lumière sur les graves accusations contenues dans le document. 

"Je ne suis pas un harceleur"

Le professeur Charles nous a fixé rendez-vous à l'hôpital Saint-Pierre. Il nous emmène ensuite dans un café voisin de l'hôpital et se commande un thé. Il décline fermement notre proposition d'interview enregistrée. "Chat échaudé craint l'eau froide", dira-t-il pour justifier son refus. Enseignant depuis 40 ans, Thierry Charles ne se reconnaît pas dans le portrait que brossent de lui certains des étudiants qui ont répondu à l'enquête du BEM. "Si dire à un étudiant qu'il ne travaille pas bien, c'est une humiliation, si on ne peut plus critiquer un soin dentaire mal fait sur un patient...."

On objecte : critiquer un étudiant est une chose, mais est-il nécessaire de le faire en public, devant les autres étudiants? Thierry Charles se cabre : "vous faites référence au document audio qui a été diffusé au JT, je ne parle plus de ça." Cet enregistrement est ancien, se défend le professeur. Il a fait l'objet d'un entretien avec le Doyen de la Faculté de Médecine à l'époque. Il n'en dit pas plus mais on comprend entre les mots qu'il a dû se faire recadrer pour ses propos de l'époque. 

Un professeur exigeant

A quoi Thierry Charles attribue-t-il ses ennuis? A l'examen reporté le 29 mai, en partie, explique le professeur. Et aussi parce qu'il fait montre d'exigence en ce qui concerne la qualité et qu'il reporte cette exigence sur les étudiants. "Dans le document, tout est à charge, tout est déformé. Le questionnaire était en ligne, moi-même j'y ai eu accès. Aucun organisme extérieur n'a piloté ce processus pour s'assurer de son objectivité. Personne ne sortira grandi de tout ça, et certainement pas l'enseignement", soupire Thierry Charles. Quant aux accusations de violences physiques sur des étudiants, le professeur Charles hausse les épaules : "du délire". 

A un an de la retraite, le professeur d'endodontie ne sait pas trop ce qui l'attend mais il ne semble pas s'en soucier. Il préfère retenir de cette mésaventure la centaine de commentaires élogieux qui accompagnent la pétition lancée pour le soutenir. Ils vantent son dévouement d'enseignant, son implication dans son travail, son professionnalisme. L'entretien est terminé. Thierry Charles retourne à l'hôpital. Des patients l'attendent.  

Philippe Carlot

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