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Theux : ces réfugiés kurdes qui avaient cousu des masques ont dû quitter la Belgique

Souvenez-vous de cette famille de réfugiés kurdes originaire de Syrie, les Hasoun.

Ils étaient installés dans le camping géré par Fedasil à Polleur. Au tout début de la pandémie, ces demandeurs d'asile kurdes s'étaient mis à fabriquer des masques en tissu. Cette famille a dû partir. Deux de ses membres avaient reçu un ordre de quitter le territoire. 

Le père de cette famille de couturiers kurdes s'appelle Hasan. Il est venu en Belgique par la Grèce avec sa femme et deux enfants. Un troisième est né ici. Avec eux, il y a aussi deux grands-parents et une tante. Les grands-parents ont reçu l'ordre de s'en aller. La famille n'a pas voulu se séparer. Ils sont partis tous ensemble, explique Stéphane Wintgens, "dans un pays voisin. Ils ne souhaitent pas, pour l'instant, dire où ils sont partis, mais ils ont dû, à nouveau, franchir une frontière. Nous, nous ne pouvons pas voyager, nous sommes enfermés en Belgique, mais eux ont dû partir et franchir cette frontière. C'est complètement paradoxal et irresponsable, dans le contexte de pandémie, de forcer à voyager une famille avec des enfants en bas âge et des grands-parents malades.

Les enfants étaient scolarisés. Le plus grand dans la classe de madame Alexia : "Nouri, de plus en plus, parlait. Il me racontait ce qui se passait au camping de Polleur et il faisait vraiment partie de la classe. Du jour au lendemain, ils s'en vont, on ne sait pas où. Bien sûr que je suis inquiète pour eux." 

"Ce n'est pas la première fois qu'un pays européen ne veut pas d'eux", déplore Stéphane Wintgens. "Ils demandent juste à pouvoir élever leurs enfants quelque part sur cette Terre." Et quelque part explique Stéphane, pour ces Kurdes, ça ne peut pas être la Syrie en guerre.
 

François Braibant

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