Ottignies-Louvain-la-Neuve 1340

Test à blanc à l'UCLouvain : le plantage du logiciel d'examen TestWe crée la panique, l'université promet une solution efficace

Ce mardi 19 mai, près de 3000 étudiants de l’UCLouvain étaient invités à passer un examen à blanc. Un test grandeur nature pour évaluer la procédure et familiariser les utilisateurs à son usage avant les véritables examens de fin d’année. Seuls 1000 d’entre eux ont pu accéder à l’épreuve alors que les serveurs peinaient à absorber la charge. L’université promet que tout sera rentré dans l’ordre pour les examens futurs et qu’un nouveau test à blanc sera proposé rapidement.

Entre le stress lié au covid et au confinement, celui du blocus et enfin celui des examens, rien n’est épargné aux étudiants universitaires en cette fin du mois de mai. C’était aussi sans compter sur les aléas informatiques, qui ont eu raison des (derniers) nerfs de certains d’entre eux. Un cocktail explosif dont l’apothéose s’est déroulée ce 19 mai à 11H.

Alors que certains se démenaient pour accéder au serveur, télécharger et installer le logiciel TestWE, d’autres voyaient leurs ordinateurs planter. Pour certains encore, le mail d’invitation au test avec le lien de téléchargement n’est jamais parvenu. " J’ai utilisé mon ordinateur personnel mais je n’ai jamais réussi à utiliser le programme TestWe dessus. J’ai plein d’amis qui ont vu leur pc se bloquer complètement, c’était pire pour les Mac. Heureusement, nous avons un autre ordinateur, celui de la famille et là heureusement, après 1H30, le programme était installé. Sauf que je n’ai jamais pu accéder à l’examen dans les 20 minutes réglementaires. Je n’ai donc pas réussi à accéder à ce test blanc et j’ai désormais une inquiétude immense d’avoir le même problème le 29 mai prochain ", explique Laurelie, étudiante en sciences sociales et politiques.

Un helpdesk avait aussi été mis en place pour ce genre de problème : " on a voulu le contacter par téléphone, mais leur ligne était saturée. Après 30 min d’attente, une amie a réussi à s’y connecter mais elle se trouvait seulement 14e dans la file. Je me demande sincèrement ce qu’on fera si pendant l’examen on se retrouve dans la même situation ", ajoute Laurélie.

Face à l’absence de réactions dans la foulée de la part de l’UCLouvain, les étudiants se sont tournés vers les réseaux sociaux : " On est tous super stressés et on a l’impression de pas être écoutés… On nous répond toujours que ça fonctionne ou que ça ira et là on voit l’inverse et il n’y a plus personne. Par contre, on nous a dit que si ça ne fonctionne pas, c’est directement poussé au mois d’août ", ajoute la jeune fille.

TestWe Can

Le principal incriminé s’appelle TestWe. Il s’agit d’un logiciel qui garantit aux universités des examens sans triche. Une fois installé, il prend en quelque sorte le contrôle de l’ordinateur le temps du test, bloquant l’utilisation de tout autre programme que celui d’évaluation et photographiant aléatoirement l’étudiant pour s’assurer qu’il est bien seul à passer ce test.

Face à ces problèmes techniques et consciente du stress généré par cet énorme bug, l’université se veut rassurante. " L’objectif de ce test était de permettre aux étudiants de se familiariser avec le logiciel et aussi de voir comment celui-ci " répondait " dans des conditions extrêmes avec notamment 3000 étudiants connectés en même temps. Ce que l’on sait c’est qu’environ 1000 d’entre eux l’ont passé, 1000 ne s’y sont pas présentés et enfin les derniers n’ont pas su y accéder suite à un problème de serveur chez Testwe. Le problème est évidemment indépendant de l’université, mais on est très conscient que ce fut une source de stress supplémentaire qu’on aurait préféré éviter. Les développeurs de la société ont fait des tests toute la nuit dernière pour résoudre le problème ", explique Isabelle Decoster, responsable presse pour l’UCLouvain.

Ce mercredi, le problème semble donc être résolu. " De plus, un examen à blanc sera reproposé à tous à un autre moment, afin que ceux qui n’y ont jamais accédé puisse s’y familiariser. Je tiens à rassurer aussi que lors des véritables examens, il n’y aura jamais autant d’utilisateurs du logiciel en même temps. Ils seront au maximum 1000 en simultané. Il faut savoir aussi que les résultats sont issus des travaux, via une évaluation continue, via une forme orale… On a mis en place des solutions qui s’appuient sur déférents systèmes d’évaluation et de programmes afin aussi d’éviter ce genre de surcharge ".

Et l’université de rappeler que d’ores et déjà, un help-desk, une faq (liste des questions fréquentes) sont à disposition des étudiants qui subiraient d’autres problèmes techniques.

Le rendez-vous est donc pris pour le prochain test. A blanc.

Aurore Peignois